Quiconque se met à manier ces vocables pour affirmer ou pour nier, que ce soit dans les méthodes ou dans les questions de fond, sans fournir les distinctions et les subdivisions nécessaires – lesquelles relèvent du Sentier droit –, contribue à l’une des sources majeures de la confusion.
En effet, jamais on ne trouve, ni dans la parole du Prophète – que les bénédictions et la paix soient sur lui –, ni chez aucun Compagnon, ni chez leurs Successeurs, ni chez les imams suivis, qu’ils aient rattaché l’un des fondements de la religion, qu’il s’agisse des preuves ou des questions elles-mêmes, à ce que l’on appelle « substance », « corps », « occupation d’un lieu », « accident » ou termes analogues.
Or, ceux qui emploient ces expressions ne s’accordent pas sur ce qu’ils entendent par elles : tantôt en raison de conventions lexicales divergentes, tantôt parce qu’ils diffèrent sur la signification même du terme.
Ainsi, tel dira : « Le corps est ce qui est composé. » Puis la dispute s’engage : s’agit-il d’une seule substance à condition qu’elle soit assemblée ? De la substance et au-delà ? De six, de huit, ou d’un autre nombre encore ?
D’autres définissent le corps comme « ce en quoi l’on peut concevoir trois dimensions », et affirment qu’il est composé de matière et de forme.
D’autres encore déclarent : « C’est l’être », ou : « C’est l’être subsistant par lui-même » ; ou bien : « C’est ce dont on peut désigner l’existence du doigt, et tout être subsistant par lui-même ne peut être autrement. »
Lorsque les Pieux Prédécesseurs et les imams ont blâmé et stigmatisé les débats autour de la substance, du corps et de l’accident, leur reproche visait quiconque introduit dans les fondements de la religion – tant dans ses preuves que dans ses questions – les concepts que ces gens placent derrière ces termes, que ce soit pour les affirmer ou pour les nier. Mais une fois connues les significations authentiques, établies par le Livre et la Sunna, et qu’on les exprime sans avoir recours à ces vocables, on ne les comprend plus au moyen de ces mots, de sorte qu’il devienne clair