De même que la conséquence inséparable de la vérité est, elle aussi, vérité, la preuve est indissociablement liée à la réalité qu’elle atteste. Quant au faux, il constitue une entité distincte : lorsque la conséquence nécessaire d’une chose vient à manquer, on sait que cette chose elle-même est inexistante. On réfute donc une proposition par la réfutation de son corollaire nécessaire, et l’on établit son authenticité par l’authenticité de ce qui l’implique. Ainsi, si la conséquence est caduque, ce qui l’implique l’est pareillement, car ce qu’implique le faux n’est autre que sa conséquence même. Dès lors, l’absence de la conséquence entraîne l’absence de son corrélat ; cependant, on ne soutient pas pour autant que tout ce qu’implique une proposition fausse est nécessairement faux.
Il en va de même des créatures : leur existence atteste nécessairement l’existence du Créateur, mais leur inexistence n’entraînerait nullement Son inexistence. En règle générale, l’indice renvoie toujours à ce qu’il indique ; l’implication directe est donc obligatoire, alors que l’implication inverse ne l’est pas. Il n’en va pas de même de la définition, qui doit valoir dans les deux sens.
S’agissant de la cause, la cause complète requiert l’implication directe, à la différence de la simple cause prédisposante ; quant à l’implication inverse, la question fait l’objet d’un développement détaillé ailleurs.
Cette distinction permet aussi de comprendre l’intention des Salaf et des imams lorsqu’ils blâmèrent le kalâm et ses adeptes : leur condamnation vise quiconque se fonde sur des arguments viciés ou les invoque pour défendre des doctrines erronées.