Quant à la grande majorité des êtres humains doués de raison, ils ont déclaré : « Cette opinion est contraire à ce que l’on connaît par l’expérience sensible. »
Pour la défendre, divers théologiens spéculatifs – muʿtazilites et autres – se sont donc engagés à nier absolument les attributs du Seigneur, ou du moins une partie d’entre eux. En effet, pour ces penseurs, ce qui atteste de la survenue temporelle de ces substances est la présence d’attributs qui subsistent en elles ; or, selon eux, un raisonnement doit être mené jusqu’à son terme. Ils ont ainsi conclu que tout être doté d’un attribut inhérent est nécessairement créé ; assertion qui relève, là encore, d’une corruption et d’un égarement extrêmes. C’est pour cette raison qu’ils ont professé la création du Coran, rejeté la vision de Dieu dans l’Au-delà, nié Son élévation au-dessus de Son Trône, et adopté d’autres conclusions du même ordre : autant de conséquences auxquelles aboutit quiconque pousse jusqu’au bout les prémisses de cette argumentation que les Muʿtazilites et leurs suiveurs ont érigée en fondement de leur croyance.
Ces questions entrent certes dans ce que ces gens appellent « les principes de la religion », mais, en réalité, elles ne font nullement partie des principes de la religion que Dieu a prescrite à Ses serviteurs.
Quant à la « religion » au sujet de laquelle Dieu a dit : « Ont-ils des associés qui leur auraient prescrit dans la religion ce que Dieu n’a point autorisé ? » (Ash-Shûrâ, 42 : 21), celle-ci possède, elle aussi, ses propres principes et ramifications, à son image.
Or, puisque l’on sait que l’expression « principes de la religion », dans l’usage de ceux qui la manient, demeure vague et ambiguë en raison de la diversité des conventions et des terminologies, il apparaît clairement que les véritables principes de la religion, aux yeux de Dieu, de Son Messager et des croyants, sont exclusivement ceux que l’on tient du Messager.
Quant à celui qui institue une religion sans l’agrément de Dieu, il est évident que les principes qui y conduisent ne sauraient être rapportés au Prophète – paix et bénédiction d’Allah sur lui –, car il s’agit d’une voie fausse, et ce qui découle du faux est nécessairement faux.