Abû l-Hudhayl alla jusqu’à conclure à la cessation des mouvements des habitants du Paradis. D’autres, tel Abû l-Ḥasan al-Ashʿarî, en vinrent, pour sauver leur démonstration, à soutenir que l’eau, l’air, la terre et le feu possèdent chacun un goût, une couleur, une odeur, et ainsi de suite. D’autres encore, pour cette même raison et pour d’autres motifs, soutinrent qu’aucun accident – goût, couleur ou tout autre – ne peut en aucune manière subsister ; ils devaient en effet répondre à l’objection qu’on leur opposait lorsqu’ils affirmaient des attributs à Dieu tout en arguant que les corps sont créés en raison de leurs attributs.
Ils déclarèrent donc : « Les caractéristiques des corps sont des accidents ; elles surviennent puis disparaissent et ne demeurent jamais, tandis que les attributs de Dieu subsistent. »
Quant à l’argument sur lequel se fondait un groupe d’entre eux – à savoir que, si un accident demeurait, il ne pourrait plus être anéanti, puisque sa disparition supposerait soit la production d’un contraire, soit la perte d’une condition, soit le choix de l’agent, hypothèses toutes jugées impossibles –, d’autres le rejetèrent. Ils estiment, en effet, qu’un Agent doté de libre volonté peut faire disparaître l’existant comme Il fait surgir l’inexistant.
En conséquence, ils n’affirment pas, à l’instar des premiers, que la disparition des corps ne s’obtient qu’en retranchant leurs accidents, ni, comme l’ont prétendu certains muʿtazilites, qu’elle nécessite la création d’un contraire appelé « anéantissement » qui ne résiderait dans aucun substrat.