Cette démonstration repose sur deux prémisses :
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Le corps ne saurait jamais être dépourvu d’accidents, autrement dit d’attributs.
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Tout ce qui ne peut se passer d’attributs – lesquels sont, par définition, des accidents – est créé ; en effet, les attributs, en tant qu’accidents, ne sauraient être qu’engendrés. Certains limitent même ce raisonnement à une catégorie particulière d’accidents, tels les « états » (akwân). Or tout ce qui n’est pas exempt, ne serait-ce que du genre des événements, est lui-même un événement, puisqu’une chaîne d’événements sans commencement est impossible.
Il est pourtant certain – c’est une évidence – que Muhammad, paix et bénédictions sur lui, n’a jamais convié les hommes à reconnaître le Créateur et la mission de Ses prophètes par un tel procédé.
C’est pourquoi les esprits les plus avertis parmi les théologiens spéculatifs, tel Abû l-Ḥasan al-Ashʿarî et d’autres, ont avoué que cette voie n’est pas celle des Messagers ni de leurs disciples, pas davantage celle des Anciens de la communauté et de ses imâms ; ils ont même déclaré qu’elle leur était interdite. Les vérificateurs affirment, eux, qu’elle est fallacieuse : ses prémisses appellent tant de distinctions et de subdivisions que la conclusion qu’elle prétend instaurer ne peut, en réalité, être établie de façon absolue.
Dès lors, quiconque s’appuie sur ce raisonnement pour édifier les fondements de sa religion se trouve immanquablement confronté à l’une des deux issues suivantes :
– soit il prend conscience de sa faiblesse, oppose cet argument aux preuves de ceux qui défendent l’éternité du monde, et les deux séries d’indices s’équilibrent à ses yeux ; il lui arrive alors de privilégier tour à tour l’une ou l’autre, comme on l’observe chez certains groupes ;
– soit il accepte, pour la défendre, des conséquences que la Loi révélée et la raison tiennent pour manifestement corrompues ; c’est ainsi que Jahm, par ce moyen, a soutenu l’anéantissement du Paradis et de l’Enfer, et qu’on a vu – pour la même raison – d’autres