Il s’agit là d’un sujet extrêmement vaste et important, qui ne peut être traité en détail ici. Mon intention se limite à signaler que le Coran, de même que la sagesse prophétique, renferment globalement l’ensemble des principes et des preuves qui méritent véritablement d’être qualifiés de « fondements de la religion ».
[Les « fondements » que les théologiens spéculatifs se sont forgés ne constituent donc pas les fondements authentiques de la religion.]
Quant aux erreurs qu’un certain nombre de gens rangent sous cette dénomination, elles n’appartiennent nullement aux fondements de la religion, même s’ils les y ont introduites. Il en va ainsi de questions et d’arguments viciés, tels que : la négation des attributs divins, la négation du décret (qadar), et d’autres problématiques analogues ; ou encore l’argument qui veut prouver la création du monde par la contingence des « accidents » – ces attributs inhérents aux corps – qu’il s’agisse des « états » (akwan) ou d’autres catégories.
Pour étayer un tel raisonnement, ils posent une série de prémisses : d’abord, l’affirmation de l’existence des accidents – autrement dit des attributs – ou, du moins, de certains d’entre eux comme les « états » : mouvement, repos, assemblage, séparation ; deuxièmement, l’affirmation que ces accidents sont créés, en réfutant l’idée qu’ils surgiraient après avoir été latents ou qu’ils pourraient se déplacer d’un support à un autre ; troisièmement, la démonstration de l’impossibilité pour un corps d’être dépourvu d’accidents, soit de toute espèce d’accidents – en établissant que le corps leur est réceptif et que ce qui est réceptif à une chose ne peut en être privé, pas plus que de son contraire –, soit des seuls « états » ; et, quatrièmement, l’affirmation de l’impossibilité d’une succession d’événements sans commencement.