L’argument avancé par certains selon lequel « cette chose est possible puisque nous n’en connaissons pas l’impossibilité » — contrairement aux impossibilités manifestes telles qu’un corps à la fois en mouvement et au repos — équivaut à la justification de ceux qui prétendent qu’une proposition n’est pas intuitive parce que d’autres vérités premières le seraient davantage. Or, c’est là un raisonnement faible.
En effet, on qualifie de « bâdhîhî » (évident) tout énoncé dont l’intellect, dès qu’il en conçoit les deux termes, affirme nécessairement la relation ; mais ces deux termes peuvent eux-mêmes être obscurs. Les jugements intuitifs diffèrent donc en clarté ou en obscurité selon la manière dont leurs données sont perçues, de même qu’ils varient selon les capacités des esprits. Cette variation n’altère en rien leur caractère nécessaire et ne signifie pas que tout ce dont l’impossibilité n’apparaît pas soit pour autant possible.
Le propos de ces interlocuteurs est même plus fragile : une chose peut être impossible du fait de facteurs cachés qui lui sont inhérents. Tant qu’il n’est pas établi que ces facteurs sont absents, ou qu’ils ne lui sont pas indispensables, on ne peut affirmer sa possibilité. L’impossibilité en pareil cas est plus méconnue que celle qui découle de la chose elle-même ou d’une cause externe.
La « possibilité mentale » n’est en réalité que l’absence de connaissance de l’impossibilité ; or ne pas connaître l’impossibilité n’implique pas connaître la possibilité réelle. Dans l’esprit, l’objet demeure alors ni reconnu impossible ni attesté possible hors de l’esprit : c’est cela la possibilité mentale.
C’est pourquoi Allah, — exalté soit-Il —, ne s’est pas contenté, pour établir la possibilité du retour à la vie, de cet unique raisonnement ; car il se peut qu’une chose soit impossible, ne serait-ce qu’en raison d’un facteur extérieur, sans que l’esprit perçoive cette impossibilité. Il en va autrement de la possibilité effective : dès qu’elle est connue, l’impossibilité est définitivement écartée.
L’être humain constate la possibilité effective de deux manières : tantôt en constatant l’existence même de la chose, tantôt