Darʾ Taʿâroud al-ʿAql wa-n-NaqlIbn Taimiya

L’argument avancé par certains selon lequel « cette chose est possible puisque nous n’en connaissons pas l’impossibilité » — contrairement aux impossibilités manifestes telles qu’un corps à la fois en mouvement et au repos — équivaut à la justification de ceux qui prétendent qu’une proposition n’est pas intuitive parce que d’autres vérités premières le seraient davantage. Or, c’est là un raisonnement faible.

En effet, on qualifie de « bâdhîhî » (évident) tout énoncé dont l’intellect, dès qu’il en conçoit les deux termes, affirme nécessairement la relation ; mais ces deux termes peuvent eux-mêmes être obscurs. Les jugements intuitifs diffèrent donc en clarté ou en obscurité selon la manière dont leurs données sont perçues, de même qu’ils varient selon les capacités des esprits. Cette variation n’altère en rien leur caractère nécessaire et ne signifie pas que tout ce dont l’impossibilité n’apparaît pas soit pour autant possible.

Le propos de ces interlocuteurs est même plus fragile : une chose peut être impossible du fait de facteurs cachés qui lui sont inhérents. Tant qu’il n’est pas établi que ces facteurs sont absents, ou qu’ils ne lui sont pas indispensables, on ne peut affirmer sa possibilité. L’impossibilité en pareil cas est plus méconnue que celle qui découle de la chose elle-même ou d’une cause externe.

La « possibilité mentale » n’est en réalité que l’absence de connaissance de l’impossibilité ; or ne pas connaître l’impossibilité n’implique pas connaître la possibilité réelle. Dans l’esprit, l’objet demeure alors ni reconnu impossible ni attesté possible hors de l’esprit : c’est cela la possibilité mentale.

C’est pourquoi Allah, ­— exalté soit-Il —, ne s’est pas contenté, pour établir la possibilité du retour à la vie, de cet unique raisonnement ; car il se peut qu’une chose soit impossible, ne serait-ce qu’en raison d’un facteur extérieur, sans que l’esprit perçoive cette impossibilité. Il en va autrement de la possibilité effective : dès qu’elle est connue, l’impossibilité est définitivement écartée.

L’être humain constate la possibilité effective de deux manières : tantôt en constatant l’existence même de la chose, tantôt

وما يحتج به بعضهم علي أن هذا ممكن بأنا لا نعلم امتناعه، كما نعلم امتناع الأمور الظاهر امتناعها، مثل كون الجسم متحركاً ساكناً، فهذا كاحتجاج بعضهم علي أنها ليست بديهية بأن غيرها من البديهيات أجلى منها، وهذه حجة ضعيفة، لأن البديهي هو ما إذا تصور طرفاه جزم العقل به، والمتصوران قد يكونان خفيين، فالقضايا تتفاوت في الجلاء والخفاء لتفاوت تصورها كما تتفاوت لتفاوت الأذهان، وذلك لا يقدح في كونها ضرورية، ولا يوجب أن ما لم يظهر امتناعه يكون ممكناً، بل قول هؤلاء أضعف، لأن الشيء قد يكون ممتنعاً لأمور خفية لازمة له، فما لم يعلم انتفاء تلك اللوازم، أو عدم لزومها، لا يمكن الجزم بإمكانه، والمحال هنا أعلم من المحال لذاته أو لغيره، والإمكان الذهني حقيقته عدم العلم بالامتناع، وعدم العلم بالامتناع لا يستلزم العلم بالإمكان الخارجي، بل يبقى الشيء في الذهن غير معلوم الامتناع ولا معلوم الإمكان الخارجي، وهذا هو الإمكان الذهني، فإن الله سبحانه وتعالي لم يكتف في بيان إمكان المعاد بهذا، إذ يمكن أن يكون الشيء ممتنعاً ولو لغيره ن وإن لم يعلم الذهن امتناعه، بخلاف الإمكان الخارجي فإنه إذاً علم بطل أن يكون ممتنعاً. والإنسان يعلم الإمكان الخارجي: تارة بعلمه بوجود الشيء، وتارة

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