de même nature attribuée à la créature assujettie, causée et gouvernée ; elle ne la tient en réalité que de son Créateur, son Seigneur et son Régisseur, qui y a donc, à plus forte raison, un droit prioritaire. Quant à toute insuffisance ou tout défaut – c’est-à-dire la négation de cette perfection –, il va de soi qu’il faut l’écarter de manière encore plus catégorique du Seigneur, béni et exalté soit-Il. En résumé, Il est plus digne que tout autre de tous les attributs positifs de l’existence, tandis que les attributs privatifs conviennent plutôt à l’être contingent et nouvellement produit, et ainsi de suite.
C’est précisément par de telles approches que les premières générations (salaf) et les imams traitaient ces questions, à l’instar de l’Imâm Aḥmad, comme avant lui et après lui les autres maîtres de l’islam. Le Coran procède de la même façon lorsqu’il établit les fondements de la religion concernant l’unicité d’Allah, Ses attributs, la résurrection, et autres sujets analogues.
Ainsi, lorsque le Très-Haut a annoncé le retour à la vie – et le savoir à son propos dépend du savoir de sa possibilité, car ce qui est impossible ne saurait advenir –, Il en a démontré la possibilité de la manière la plus exhaustive. Il n’a pas suivi, pour cela, la voie qu’empruntent certains groupes de théologiens, lesquels entendent prouver la possibilité extérieure d’une chose par sa seule possibilité mentale.
Ces derniers affirment en effet : « Cette chose est possible, car si l’on supposait son existence, il ne s’ensuivrait aucune contradiction. » Mais tout l’enjeu réside dans cette prémisse : d’où sait-on qu’aucune impossibilité ne découle de l’hypothèse de son existence ? Il s’agit d’une proposition négative universelle ; il faut donc disposer d’une certitude portant sur la portée générale de cette négation.