— exalté soit-Il —
« Un Messager issu de vous-mêmes est certes venu à vous ; vos peines lui pèsent, il est plein de sollicitude à votre égard, et, envers les croyants, d’une tendre bonté et d’une miséricorde. » (at-Tawba, 9 : 128)
Et Il dit :
« Quand bien même tu serais avide de les guider, Allah ne guide pas ceux qu’Il égare. » (an-Nahl, 16 : 37)
Or Allah a fait une obligation au Prophète de transmettre le message de façon explicite, et Il a fait descendre sur lui le Livre afin qu’il explique aux gens ce qui leur a été révélé. Il est donc inévitable que son exposition, sa parole et son discours soient plus parfaits et plus complets que ceux de quiconque. Comment, dès lors, pourrait-on prétendre qu’il n’a pas clarifié la vérité, alors que ce sont d’autres – dont l’ignorance et l’insuffisance de science et de raison sont établies par maintes preuves – qui l’auraient clarifiée ? Ce point est développé en détail ailleurs.
Il se trouve que nombre de propos tenus par les gens, dans le domaine des fondements de la foi, de la théologie spéculative, des sciences rationnelles et de la « sagesse », sont manifestement contraires à ce qu’a apporté le Messager, ou bien le Messager n’a jamais tenu de semblables paroles. Pourtant, certains ont fini par croire que ces discours relèvent des bases mêmes de la religion, qu’ils renferment les sciences universelles, les connaissances divines, la véritable sagesse ou la philosophie première.
Aussi beaucoup en sont venus à dire : « Le Messager ne connaissait pas les fondements de la foi », ou « Il ne les a pas exposés ». D’autres, par respect pour le Prophète, prétendent plutôt : « Les Compagnons et les Successeurs n’en avaient pas connaissance. » Ceux qui vénèrent les Compagnons et les Successeurs tout en magnifiant ces discours demeurent alors perplexes : comment ces nobles prédécesseurs n’auraient-ils pas abordé des questions qui seraient, dit-on, les plus sublimes des sciences ? Quant à celui qui croit au Messager et le vénère, il se demande comment celui-ci n’aurait pas clarifié les fondements de la foi, alors que les gens en ont plus besoin que de tout autre savoir.