Nous avons longuement, il y a environ trente ans, réfuté la thèse de ceux qui affirment que l’argumentation fondée sur les preuves scripturaires serait conditionnée par des prémisses conjecturales – telles que la transmission du vocabulaire, les règles de grammaire et de morphologie, ou encore la négation de la métaphore, de l’ellipse et de la restriction. Nous avons déjà relevé une partie de l’inanité de cette position dans notre commentaire du Muḥaṣṣal et dans d’autres écrits. Cette étude visait à établir la valeur démonstrative des textes révélés et à montrer qu’ils peuvent produire une certitude irréfutable. Quant au présent ouvrage, il s’attache à prouver l’inexistence de toute contradiction rationnelle et à invalider l’opinion de ceux qui prétendent accorder, de manière absolue, la primauté aux arguments purement intellectuels.
Nous avons également expliqué ailleurs que le Messager a transmis le message de façon claire et explicite, en précisant son intention. Ainsi, pour toute expression du Coran ou de la Sunna dont on soutient qu’elle requiert une interprétation technique particulière consistant à détourner le terme de son sens apparent, il est indispensable que le Prophète ait, dans un autre discours, exposé ce qu’il entendait réellement par ce mot. Il est inconcevable qu’il prononce des paroles dont la signification manifeste serait erronée et qu’il taise ensuite le sens véridique ; il est tout aussi inconcevable qu’il veuille des créatures qu’