Celui qui nie d’emblée les attributs divins considère que les textes qui les établissent sont obscurs, alors que ceux qui attestent Ses plus beaux Noms ne lui posent aucun problème. Celui qui rejette la signification même de ces Noms estime, pour sa part, que les passages qui les évoquent sont ambigus. Celui qui nie la résurrection des corps, ainsi que les descriptions du Paradis et de l’Enfer, déclare ces versets problématiques, tout comme celui qui refuse la prédestination juge obscurs les passages affirmant qu’Allah est le Créateur de toute chose ; il en vient même à trouver difficiles les textes de menace, et jusqu’aux commandements et interdictions.
Chaque faction, ainsi, achoppe sur des passages que d’autres lisent sans difficulté ; puis, au sujet de ce qu’elle trouve obscur, elle proclame que le Messager n’en a pas explicité le sens. Certains ajoutent : « Il n’en connaissait pas lui-même la signification. » D’autres prétendent au contraire : « Il la connaissait mais ne l’a pas exposée ; il a renvoyé à la seule raison et à l’effort de ceux qui se consacreront à en dégager l’interprétation. »
Tous, en définitive, conviennent que le Prophète — paix et salut sur lui — soit ignorait le sens de ces textes, soit ne l’a pas transmis à la communauté ; ils l’accusent ainsi, implicitement, d’avoir laissé l’Umma dans l’ignorance, sans toutefois, disent-ils, vouloir lui attribuer une ignorance « composée ».
D’autres encore soutiennent qu’il a délibérément voulu enseigner cette ignorance aggravée et des croyances corrompues ; ceux-là sont tenus, au sein de la communauté, pour des impies et des hérétiques. Quant aux premiers, ils affirment : « Le Prophète n’a jamais voulu que quiconque demeure ignorant ou adhère au faux. » Pourtant, leurs propos reviennent à soutenir que, dans les versets et les hadiths qu’il adressait à la Umma, le Messager n’a pas exposé la vérité, soit parce qu’il ne la connaissait pas, soit parce qu’il la connaissait mais ne l’a pas communiquée.