[Ce qu’Ibn ʿArabî a édifié sur les illusions des philosophes et la confusion qu’il a introduite au sujet de la prophétie]
Ces philosophisants vont jusqu’à considérer que Jibrîl n’est autre que l’image imaginative qui se forme dans l’âme du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue —, l’imagination étant, selon eux, subordonnée à l’intellect. Viennent alors des impies, alliés à ces philosophes mécréants, qui prétendent être des awliyâʾ d’Allah, soutiennent que les awliyâʾ d’Allah sont supérieurs aux Prophètes d’Allah et qu’ils reçoivent directement d’Allah, sans intermédiaire, à l’instar d’Ibn ʿArabî, l’auteur des Futûḥât et des Fuṣûṣ.
Il déclare : « Je puise à la source même dont puisa l’ange qui transmet la révélation au Messager. » Or, pour lui, cette « source » est l’intellect ; l’ange n’est autre que l’imagination, et l’imagination dépend de l’intellect. Il prétend donc recevoir de ce qui est l’origine de l’imagination, tandis que le Messager reçoit de l’imagination. Ainsi, à ses propres yeux, il se place au-dessus du Prophète. Si ce qu’ils évoquent relevait des prérogatives exclusives du Prophète, jamais ils ne l’auraient mentionné ; il ne serait pas de la même catégorie que lui, encore moins supérieur à lui. Comment alors admettre que ce qu’ils décrivent puisse, disent-ils, advenir à de simples croyants ?! La prophétie est un domaine bien au-delà de tout cela.
Ibn ʿArabî et ses semblables, quoique se réclamant du soufisme, relèvent en réalité du soufisme des philosophes athées ; ils ne sont pas du soufisme des gens de science, et encore moins des maîtres du Livre et de la Sunnah tels que al-Fuḍayl ibn ʿIyâḍ, Ibrâhîm ibn Adham, Abû Sulaymân ad-Dârânî, Maʿrûf al-Karkhî, al-Junayd ibn Muḥammad, Sahl ibn ʿAbd Allâh at-Tustarî et leurs semblables — qu’Allah les agrée tous.
[Les attributs des anges dans le Coran]
Quant à Allah — glorifié et exalté soit-Il —, Il a décrit les anges dans Son Livre d’attributs qui contredisent les dires de ces gens, comme dans Sa parole :
« Et ils ont dit : “Le Tout Miséricordieux S’est attribué un enfant.” Gloire à Lui ! Ce ne sont plutôt que des serviteurs honorés ; * ils ne Le devancent pas… »