Il a dit :
– et l’on rapporte – : « Lorsque Allah créa l’intellect, Il lui dit… »
Ainsi, le sens du ḥadith est qu’Il lui adressa la parole au tout premier instant de sa création, et non pas qu’il soit la toute première des créatures. Le terme « awwal » (premier) est ici à l’accusatif adverbial, comme dans l’autre formulation contenant « lammā » (lorsque). La suite du ḥadith est : « Je n’ai créé aucune créature plus noble à Mes yeux que toi. » Cela indique donc qu’il fut créé avant d’autres créatures. Puis Il dit :
« Par toi Je prends, par toi Je donne ; pour toi est la récompense, et sur toi le châtiment. »
Il mentionne ainsi quatre catégories d’accidents, tandis qu’eux prétendent que toutes les substances des mondes supérieur et inférieur ont émané de cet intellect. Où se trouve donc la concordance entre ces deux conceptions ?
La cause de leur méprise est que le terme « ʿaql » dans la langue des musulmans n’est pas celui qu’entendent ces Grecs. En langue musulmane, le ʿaql est le nom verbal de « ʿaqala – yaʿqilu – ʿaqlan », comme dans le Coran :
« Et ils dirent : “Si nous avions écouté ou raisonné, nous ne serions pas parmi les hôtes de la Fournaise.” »
« Il y a certes là des signes pour des gens qui raisonnent. »
« N’ont-ils donc pas parcouru la terre, de sorte qu’ils aient des cœurs avec lesquels ils raisonnent ou des oreilles avec lesquelles ils entendent ? »
Par “intellect” on désigne la faculté innée qu’Allah – exalté soit-Il – a accordée à l’homme pour raisonner.
Quant à ceux-là, l’intellect, selon eux, est une substance subsistant par elle-même, à l’instar de l’être intelligent,