sa mission prophétique ; voilà l’un des plus grands égarements qu’ils professent, car la walâya de Muḥammad – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – n’a jamais été égalée par quiconque, ni par Ibrâhîm ni par Mûsâ ; à plus forte raison ne saurait-elle l’être par ces athées.
Tout Messager est à la fois Prophète et Walî ; ainsi, le Messager est Prophète et Walî. Sa mission englobe sa prophétie, et sa prophétie inclut sa walâya. S’ils imaginent qu’Allah se serait contenté de l’informer sans qu’il soit pour autant un walî d’Allah, une telle hypothèse est impossible : au moment même où Allah l’informe, il est nécessairement un walî d’Allah ; jamais la révélation ne peut être dissociée de sa walâya. Et, quand bien même on la concevrait ainsi dissociée, nul ne serait encore l’égal du Messager dans sa walâya.
[Leur prétention à l’unicité de la source des prophètes et des saints]
Ces gens vont jusqu’à dire, comme l’affirme l’auteur des Fuṣûṣ, Ibn ʿArabî : « Nous puisons à la même source que l’ange qui révèle au Messager. » En réalité, ils ont adopté la doctrine des philosophes, qu’ils ont ensuite présentée sous l’apparence du dévoilement spirituel.
En effet, les philosophes qui soutiennent que les sphères célestes sont anciennes, éternelles, et qu’elles possèdent une cause qu’elles imitent – ainsi que le disent Aristote et ses disciples : la première d’entre elles est un agent nécessaire par son essence, suivant l’exposé de leurs continuateurs, tels Ibn Sînâ et consorts – ne reconnaissent pas l’existence d’un Seigneur qui a créé les cieux, la terre et ce qui est entre les deux en six jours, qui a fait exister les choses par Sa volonté et Sa puissance, et qui connaît les entités particulières. Au contraire, soit ils nient purement et simplement Son savoir, à l’exemple d’Aristote, soit ils prétendent qu’Il ne connaît, parmi les réalités changeantes, que leurs aspects universels, comme l’affirme Ibn Sînâ.