ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb – qu’Allâh les agrée tous deux – car, en vérité, le meilleur de cette communauté, après son Prophète, est Abû Bakr, puis ʿUmar.
Il est en outre établi, dans les recueils authentiques, que ʿUmar a été expressément désigné comme étant un muḥaddath – c’est-à-dire un inspiré – au sein de cette communauté ; de sorte que, quel que soit le muḥaddath ou le récipiendaire de dévoilements que l’on puisse rencontrer dans la communauté de Muḥammad – que les prières et la paix d’Allâh soient sur lui –, ʿUmar lui est supérieur.
Pourtant, ʿUmar – qu’Allâh l’agrée – n’en accomplissait pas moins le devoir qui lui incombait : il confrontait tout ce qui lui était inspiré à ce qu’avait apporté le Messager d’Allâh – paix et bénédiction sur lui. Tantôt cela coïncidait, et cela comptait alors parmi les mérites de ʿUmar, le Coran ayant même été révélé à plusieurs reprises en accord avec son avis ; tantôt cela divergeait, et ʿUmar se rétractait, comme il le fit le jour de Ḥudaybiyya lorsqu’il avait estimé qu’il fallait combattre les polythéistes – le hadith est bien connu dans le Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî et ailleurs.
En effet, le Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue – se rendit en ʿumra la sixième année de l’Hégire, accompagné d’environ mille quatre cents musulmans, ceux-là mêmes qui lui prêtèrent serment d’allégeance sous l’arbre. Après plusieurs échanges, il conclut un pacte de trêve avec les polythéistes, stipulant qu’il retournerait cette année-là et accomplirait l’ʿumra l’année suivante. Il leur concéda par ailleurs un certain nombre de conditions qui, en apparence, paraissaient défavorables aux musulmans ; cela pesa lourdement sur beaucoup d’entre eux, tandis qu’Allâh et Son Messager savaient mieux.