tous au Paradis sans aucun châtiment ; or l’une et l’autre thèse s’opposent à la Sunna massivement transmise du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – ainsi qu’au consensus des pieux prédécesseurs de la communauté et de ses imams.
La fausseté de ces deux positions est, en outre, établie par deux versets du Livre d’Allah – Exalté soit-Il –, à savoir Sa parole :
« Certes, Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne des associés, mais Il pardonne ce qui est en-deçà à qui Il veut. »
Le Très-Haut informe ici qu’Il ne pardonne pas l’association et qu’Il pardonne ce qui est moindre que cela à qui Il veut. Il est inadmissible de rapporter ce verset au seul repentant, comme le soutiennent certains Muʿtazilites ; car le polythéisme, Allah le pardonne à celui qui s’en repent, et ce qui est inférieur au polythéisme, Allah le pardonne également au repentant ; la volonté divine n’intervient donc pas dans ce cas. Or, lorsqu’Il mentionne le pardon accordé aux repentants, Allah – Très-Haut – dit :
« Dis : “Ô Mes serviteurs qui avez outrancièrement porté atteinte à vous-mêmes, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah ; certes, Allah pardonne tous les péchés, car Il est, certes, le Pardonneur, le Très-Miséricordieux.” »
Ici, Il généralise le pardon et le formule sans restriction : Allah pardonne au serviteur tout péché dont il se repent. Celui qui se repent du polythéisme, Allah le lui pardonne ; celui qui se repent des grands péchés, Allah le lui pardonne ; et tout péché dont un serviteur se repent, Allah le lui pardonne.
Ainsi, dans le verset relatif au repentir, Allah généralise et laisse le pardon absolu, tandis que, dans l’autre verset, Il spécifie et conditionne : Il a spécifié le polythéisme en affirmant qu’Il ne le pardonne pas, et Il a subordonné le pardon de ce qui est moindre