Voici un domaine immense : si je devais rapporter tout ce que j’en connais, il faudrait un volumineux ouvrage.
Allah, le Très-Haut, a dit :
« Quant à l’homme, lorsque son Seigneur l’éprouve en l’honorant et en lui accordant des bienfaits, il dit : “Mon Seigneur m’a honoré.” Mais lorsqu’Il l’éprouve en lui restreignant sa subsistance, il dit : “Mon Seigneur m’a humilié.” »
Puis Allah – Béni et Exalté – dit :
« Point du tout ! »
Le terme « kallā » (« point du tout ») exprime ici un blâme et un avertissement : blâme d’une telle parole et avertissement au sujet de ce qu’Il va ensuite exposer et ordonner. En effet, tous les bienfaits d’ici-bas reçus par une personne ne constituent pas nécessairement une marque d’honneur par laquelle Allah – Glorifié soit-Il – l’aurait distinguée, pas plus que toute restriction de subsistance ne signifie qu’Il l’ait avilie. Au contraire, le Tout-Puissant éprouve Son serviteur aussi bien par l’aisance que par l’adversité : Il peut accorder des bienfaits mondains à celui qu’Il n’aime pas et qui n’a aucun prix auprès de Lui, afin de l’y attirer progressivement ; de même, Il peut préserver de ces biens celui qu’Il aime et dont Il est l’Allié, de peur que son rang auprès de Lui ne s’en trouve diminué ou qu’il ne tombe, à cause d’eux, dans ce qu’Il réprouve.
[La foi et la piété, causes des prodiges]
De même, les prodiges (karamât) des saints ne peuvent avoir pour cause que la foi et la piété ; ce qui a pour origine la mécréance, la dépravation ou la désobéissance appartient aux phénomènes extraordinaires des ennemis d’Allah, et non aux prodiges de Ses saints. Ainsi, celui dont les manifestations surnaturelles ne se produisent pas lors de la prière, de la récitation, du rappel d’Allah, des veilles nocturnes et des invocations, mais seulement lors d’actes de polythéisme – tels l’invocation des morts ou des absents – ou lorsqu’il se complaît dans le libertinage, la désobéissance et la consommation d’aliments illicites, comme les serpents, les frelons, les cantharides, le sang, et autres