à la chasse aux oiseaux ; aussitôt les moineaux et autres volatiles s’adressent à lui en disant : « Prends-nous afin que les pauvres nous mangent. » En réalité, c’est le démon – entré en eux comme il entre chez les humains – qui lui tient ce langage.
Il en est même qui, se trouvant dans une maison close, se voient soudain à l’extérieur sans avoir ouvert la porte, et inversement, de même aux portes de la ville : les djinns les y ont fait entrer ou sortir avec célérité. D’autres fois ils leur montrent des lumières, ou amènent devant eux celui qui les cherche ; tout cela provient des démons qui prennent l’apparence de leurs compagnons. Mais dès qu’ils récitent à plusieurs reprises le Verset du Trône, tout s’évanouit.
Je connais aussi quelqu’un qu’un interlocuteur aborde en lui disant : « Je fais partie de l’Ordre d’Allah », et lui promet qu’il est le Mahdî annoncé par le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue. On lui manifeste alors des phénomènes extraordinaires : qu’il suffise qu’il lui vienne à l’esprit de diriger les oiseaux ou les essaims de sauterelles dans les airs ; s’il pense qu’ils doivent partir à droite ou à gauche, ils obéissent aussitôt. Que son cœur conçoive que tel bétail se lève, s’endorme ou s’en aille, cela se réalise sans qu’il fasse extérieurement le moindre geste. On le transporte jusqu’à La Mecque, puis on le ramène ; on fait paraître devant lui des personnages d’une beauté saisissante et on lui dit : « Ce sont les anges karrûbiyyûn venus te visiter. »
Il se dit alors en lui-même : « Comment ont-ils pu prendre l’apparence de jeunes imberbes ? » Il lève la tête et les voit pourvus de barbes.
On lui déclare ensuite : « Le signe que tu es le Mahdî est qu’un grain de beauté va pousser sur ton corps. » Aussitôt celui-ci apparaît et il le voit. Et il en est d’autres encore ; tout cela n’est que la ruse de Satan.