de la walâya particulière à la walâya générale ; parfois même il descend jusqu’au rang des dépravés, et parfois il apostasie. Cela concerne ceux dont les prodiges sont d’origine démoniaque ; nombreux sont, en effet, ceux qui renient l’Islam, et beaucoup ne savent pas que ces phénomènes proviennent des démons : ils les prennent pour des karâmât accordées aux alliés pieux d’Allah. Certains d’entre eux s’imaginent qu’Allah – glorifié et exalté soit-Il –, lorsqu’Il accorde à un serviteur une rupture de l’ordre habituel, ne le jugera pas à ce sujet, tout comme d’autres croient qu’Allah, s’Il octroie à un homme la royauté, la richesse et le pouvoir, ne l’interrogera pas là-dessus.
D’autres se servent de ces prodiges pour des affaires permises, ni ordonnées ni proscrites ; ceux-là relèvent de la catégorie générale des awliyâʾ : ce sont les justes modérés. Quant aux devanciers rapprochés, ils sont plus élevés que ceux-ci, de même que le « serviteur-messager » est supérieur au « prophète-roi ».
Du reste, comme ces interventions extraordinaires font souvent baisser le degré de l’homme, nombreux sont les pieux qui s’en repentent et implorent le pardon d’Allah, au même titre qu’ils se repentent de péchés tels que la fornication ou le vol. Il arrive qu’elles se présentent à l’un d’eux ; il demande alors à Allah de les lui retirer. Tous recommandent au disciple en chemin de ne pas s’y arrêter, de n’en point faire son ambition ni de s’en glorifier, alors même qu’ils les considèrent comme des karâmât ; que dire, dès lors, quand il s’avère qu’elles émanent en réalité des démons, qui les induisent en erreur par leur biais ?
Je connais certes quelqu’un à qui les plantes parlent des bienfaits qu’elles recèlent ; en vérité, c’est le démon infiltré en elles qui lui parle. Je connais aussi des gens à qui la pierre ou l’arbre s’adresse et dit : « Félicitations, ô allié d’Allah ! » ; il récite alors le Verset du Trône et tout disparaît.
Je connais encore quelqu’un qui se rend