Et nombre d’individus de cet acabit ont existé ; citons, par exemple, al-Ḥârith ad-Dimashqî, qui se souleva au Shâm sous le règne de ʿAbd al-Malik ibn Marwân et prétendit à la prophétie. Les démons lui retiraient les entraves des pieds, empêchaient toute arme de le transpercer, et la dalle de pierre se mettait à proclamer la gloire d’Allâh lorsqu’il la caressait de la main.
Il faisait voir aux gens des hommes – cavaliers montés sur des chevaux – se tenant dans les airs, puis déclarait : « Ce sont les anges », alors qu’il ne s’agissait que de djinn. Lorsque les musulmans l’appréhendèrent pour l’exécuter, celui qui le frappa de sa lance ne parvint pas à la lui enfoncer. ʿAbd al-Malik lui dit alors : « Tu n’as pas prononcé le Nom d’Allâh. » Il prononça donc le Nom d’Allâh, le transperça et le tua.
[Le Verset du Trône repousse les démons]
De même, chez ceux qui vivent des états d’inspiration démoniaque, leurs diables s’enfuient dès que l’on mentionne ce qui les chasse, tel Āyat al-Kursî. Il a d’ailleurs été authentiquement rapporté du Prophète — que les prières et la paix d’Allâh soient sur lui —, dans le ḥadîth d’Abû Hurayrah — qu’Allâh l’agrée —, lorsqu’il le chargea de surveiller la zakât al-fiṭr :
Le Prophète lui disait : « Qu’a fait ton prisonnier, cette nuit ? » Abû Hurayrah répondait : « Il a prétendu qu’il ne reviendrait plus. » Le Prophète rétorquait : « Il t’a menti ; il reviendra. » Lorsque la scène se produisit pour la troisième fois, le prisonnier dit : « Laisse-moi partir et je t’enseignerai quelque chose qui te sera utile : lorsque tu te couches, récite Āyat al-Kursî —
« Allâh ! Nulle divinité digne d’adoration sinon Lui, le Vivant, le Subsistant »
— jusqu’à la fin du verset ; un gardien, envoyé par Allâh, restera constamment auprès de toi, et aucun démon ne t’approchera jusqu’à l’aube. »
Lorsque Abû Hurayrah en informa le Prophète — que les prières et la paix d’Allâh soient sur lui —