Ce domaine est vaste.
Et la question des karâmât des awliyâʾ a été longuement traitée ailleurs.
Quant à ce que nous avons nous-mêmes constaté de visu et à ce que nous connaissons à notre époque, cela est abondant. Il faut savoir, en effet, que les karâmât se manifestent selon le besoin de la personne : si un croyant à la foi faible, ou un nécessiteux, en a besoin, il reçoit ce qui fortifie sa foi et comble son besoin, tandis que celui dont la walâya envers Allâh est plus complète peut s’en passer ; il ne lui arrive donc pas de semblables prodiges, en raison de la hauteur de son rang et de son indépendance à leur égard, non pas par défaut de sa walâya.
C’est pour cette raison que ces manifestations furent plus nombreuses chez les tâbiʿîn que chez les Compagnons, contrairement à ceux entre les mains de qui surviennent des faits extraordinaires pour guider les créatures et répondre à leurs besoins ; ceux-là sont d’un degré plus élevé.
[Quelques états sataniques]
Il en va différemment des états sataniques, comme celui de ʿAbd Allâh ibn Ṣayyâd, apparu au temps du Prophète ﷺ. Certains Compagnons pensaient qu’il était le Faux-Messie (ad-Dajjâl), et le Prophète ﷺ suspendit son jugement à son sujet jusqu’à ce qu’il devînt clair, par la suite, qu’il n’était pas le Dajjâl, mais qu’il relevait de la même catégorie que les devins.
Le Prophète ﷺ lui dit :
« Je t’ai caché quelque chose. »
Il répondit :
« Ad-dukh, ad-dukh. »
Le Prophète lui avait en effet dissimulé la sourate ad-Dukhân.
Il lui dit alors :
« Tais-toi ! Tu ne dépasseras pas la limite qui t’est assignée. »
c’est-à-dire : « Tu n’es qu’un des frères des devins. »