Ce ḥadith est mentionné dans le Musnad, sur l’autorité de ʿAlī – qu’Allāh anoblisse son visage –, mais il s’agit d’un ḥadith dont la chaîne de transmission est interrompue et qui n’est donc pas établi. Or il est reconnu que ʿAlī, accompagné des Compagnons qui se tenaient à ses côtés, était supérieur à Muʿāwiyah et à ceux qui l’entouraient au Šām ; il n’est donc pas concevable que les meilleurs des hommes se trouvent dans l’armée de Muʿāwiyah plutôt que dans celle de ʿAlī.
Par ailleurs, les deux Ṣaḥīḥ ont rapporté d’après Abū Saʿīd que le Prophète ﷺ a dit :
« Il surgira un groupe qui se détachera de la religion au moment où les musulmans seront divisés ; cette faction sera exterminée par le camp qui est le plus proche de la vérité. »
Ces dissidents ne sont autres que les kharijites ḥarūriyyah, qui se rebellèrent lorsque la discorde éclata parmi les musulmans durant le califat de ʿAlī ; ʿAlī ibn Abī Ṭālib et ses compagnons les combattirent et les anéantirent. Ce ḥadith authentique prouve donc que ʿAlī ibn Abī Ṭālib est plus proche de la vérité que Muʿāwiyah et ses partisans ; comment, dès lors, les Abdāl pourraient-ils se trouver dans l’armée la moins méritoire plutôt que dans la plus éminente ?
De même, certains rapportent du Prophète ﷺ qu’un déclamateur aurait récité devant lui :
« Le serpent du désir a mordu mon foie… »