Ils descendaient donc à al-Ṣuffah, et d’autres semblables à eux y séjournaient. Parmi les meilleurs musulmans qui y prirent pension figure Saʿd ibn Abī Waqqāṣ – le plus vertueux de ceux qui s’y installèrent –, puis il la quitta. Abū Hurayrah, entre autres, y logea également. Abū ʿAbd al-Raḥmān al-Sulamī a, quant à lui, recueilli l’histoire de ceux qui séjournèrent à al-Ṣuffah.
Quant aux Anṣār, ils ne comptaient pas parmi les Gens de al-Ṣuffah. De même, les plus éminents des Muhājirūn – Abū Bakr, ʿUmar, ʿUthmān, ʿAlī, Ṭalḥah, al-Zubayr, ʿAbd al-Raḥmān ibn ʿAwf, Abū ʿUbaydah ibn al-Jarāḥ et d’autres encore – ne faisaient pas partie des habitants de al-Ṣuffah.
[Caractère mensonger de tout ḥadith rapportant un nombre d’« alliés d’Allāh »]
Il a été rapporté qu’un jeune serviteur appartenant à al-Mughīrah ibn Shuʿbah se trouvait là, et que le Prophète – que les prières et la paix d’Allāh soient sur lui – aurait déclaré : « Celui-ci est l’un des sept. » Or ce ḥadith est tenu pour apocryphe par l’unanimité des savants, bien qu’Abū Nuʿaym l’ait mentionné dans al-Ḥilyah. Il en va de même de tout ḥadith attribué au Prophète صلى الله عليه وسلم qui fixe un nombre précis aux awliyāʾ, abdāl, nuqabāʾ, nujabāʾ, awtād ou aqṭāb, qu’il s’agisse de quatre, sept, douze, quarante, soixante-dix, trois cents, trois cent treize, ou d’un unique quṭb : rien de tout cela n’est authentiquement établi du Prophète صلى الله عليه وسلم, et les pieux prédécesseurs n’ont employé aucune de ces expressions, si ce n’est le terme « abdāl ».
Il est également rapporté à leur sujet qu’ils seraient quarante hommes, établis au Šām,