En effet, les croyants émigraient vers le Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – à Médine ; celui qui parvenait à trouver un lieu où s’établir s’y installait, et celui pour qui cela s’avérait difficile se logeait dans la mosquée jusqu’à ce qu’un endroit convenable s’offre à lui pour s’y transférer.
Les Gens de la Ṣuffah ne formaient pas un groupe déterminé demeurant en permanence à la Ṣuffah ; leur nombre diminuait parfois et augmentait à d’autres moments. Tel homme y séjournait un certain temps puis la quittait. Ceux qui y descendaient appartenaient au même rang que l’ensemble des musulmans : ils ne jouissaient d’aucune prééminence particulière ni en science ni en piété. Il s’y trouvait même des individus qui apostasièrent de l’islam et que le Prophète ﷺ fit exécuter, tels les ‘Urayniyyūn qui trouvèrent l’air de Médine malsain. Le Prophète ﷺ leur prescrivit alors des chamelles laqāḥ – c’est-à-dire des chamelles laitières – et leur ordonna de boire de leur lait et de leur urine. Une fois rétablis, ils tuèrent le berger, s’emparèrent du troupeau et prirent la fuite. Le Prophète ﷺ envoya des hommes à leur poursuite ; on les ramena, et il ordonna qu’on leur coupât les mains et les pieds, qu’on cautérisât leurs yeux, puis qu’on les abandonnât sur la terre brûlante de al-Ḥarra, où ils réclamaient à boire sans qu’on leur donne à boire.
Leur récit est rapporté dans les deux Ṣaḥīḥ, d’après le ḥadith d’Anas, où il est mentionné qu’ils