Il n’est pas interdit de faire le taqlîd de l’un d’eux, alors qu’il est prohibé de suivre celui qui parle sans science.
En revanche, si quelqu’un ajoute à la Sharîʿah ce qui n’en fait pas partie, en forgeant des ḥadiths, en interprétant les textes à l’encontre de la Volonté d’Allâh, ou par tout procédé analogue, cela constitue une altération. Il convient donc de distinguer entre la Sharîʿah révélée (ash-sharʿ al-munazzal), la Sharîʿah interprétée (ash-sharʿ al-muʾawwal) et la Sharîʿah altérée (ash-sharʿ al-mubaddal), tout comme on distingue entre la réalité cosmique et la réalité religieuse prescriptive, entre ce qui se fonde sur le Livre et la Sunna et ce qui se contente du goût personnel et de l’expérience intime de celui qui le revendique.
[الإرادة الكونية – La volonté cosmique]
Allâh – exalté soit-Il – a, dans Son Livre, exposé la différence entre la volonté, l’ordre, le décret, la permission, l’interdiction, la résurrection (al-baʿth), l’envoi, la parole et la création (al-jaʿl) ; Il a également distingué ce qui relève du domaine cosmique qu’Il a créé, prédéterminé et décrété – bien qu’Il ne l’ait ni ordonné ni aimé, qu’Il n’y récompense pas ses auteurs et ne les compte pas parmi Ses alliés pieux – et ce qui relève du domaine religieux qu’Il a prescrit et légiféré, récompensant et honorant ceux qui le mettent en pratique, les comptant parmi Ses alliés pieux, Son parti victorieux et Son armée triomphante. Voilà l’un des plus grands critères permettant de différencier les alliés d’Allâh de Ses ennemis : quiconque Allâh, – glorifié et exalté soit-Il –, emploie dans ce qu’Il aime et agrée, et qui meurt dans cet état, fait partie de Ses alliés ; tandis que celui dont l’œuvre se situe dans ce que le Seigneur réprouve et déteste, et qui meurt ainsi, appartient à Ses ennemis.