Aussi, lorsqu’il les lui exposa clairement, il l’approuva. En effet, percer le navire puis le réparer dans l’intérêt de ses propriétaires, par crainte qu’un tyran ne s’en empare, relève de la bienfaisance à leur égard et cela est permis. De même, il est licite de mettre à mort l’agresseur, fût-il encore enfant ; et quiconque ne peut être empêché de pousser ses parents à l’impiété qu’en le tuant, son exécution devient alors légitime.
Ibn ʿAbbâs – qu’Allâh l’agrée, lui et son père – dit à Najdah al-Ḥarûrî, lorsque celui-ci l’interrogea au sujet du meurtre des jeunes garçons : « Si tu sais à leur propos ce qu’al-Khaḍir sut de ce garçon-là, tue-les ; sinon, ne les tue pas. » Rapporté par al-Bukhârî.
Quant à la bienfaisance envers l’orphelin sans contrepartie et à la patience face à la faim, ce sont là des œuvres vertueuses ; il n’y a, en cela, rien qui contredise la Loi d’Allâh.
Mais si, par « sharʿ », l’on entend le jugement d’un magistrat, celui-ci peut être injuste ou équitable, exact ou erroné. Et si l’on vise par « sharʿ » les opinions des imâms du fiqh – Abû Ḥanîfa, ath-Thawrî, Mâlik ibn Anas, al-Awzâʿî, al-Layth ibn Saʿd, ash-Shâfiʿî, Aḥmad, Isḥâq, Dâwûd et d’autres –, leurs paroles ne sont recevables qu’appuyées sur le Livre et la Sunna. Celui qui les imite, là où le taqlîd est permis, ne fait rien d’illégitime ; toutefois, le suivi de l’un d’eux n’est pas obligatoire pour l’ensemble de la communauté, contrairement à l’obligation d’obéir au Messager – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui.