sur la langue de Ses messagers, et qu’il ne distingue pas non plus entre celui qui se conforme, dans son état intérieur et son goût spirituel, au Livre et à la Sunna, et celui qui s’en remet uniquement à son ressenti sans en vérifier la validité à l’aune du Livre et de la Sunna. De même, beaucoup emploient le terme « sharîʿa » sans distinguer entre la Sharîʿa révélée par Allah – le Livre et la Sunna avec lesquels Il a envoyé Son Messager – ; or, nul parmi les créatures n’a le droit de s’en écarter : seul le mécréant s’en écarte. Ils ne font pas non plus la différence avec la « sharîʿa » que constitue le jugement du cadi ; celui-ci touche parfois juste et se trompe parfois – et cela, lorsqu’il est savant et équitable.
[Les meilleurs des juges]
À défaut, il est rapporté dans les Sunan, d’après le Prophète ﷺ :
« Les juges sont de trois catégories : deux en Enfer et un au Paradis. L’homme qui a connu la vérité et a jugé selon elle : celui-là est au Paradis. Celui qui juge les gens dans l’ignorance : celui-là est en Enfer. Et celui qui a connu la vérité mais a jugé autrement : celui-là est en Enfer. »
Le meilleur des juges, savant et équitable, est le maître des fils d’Adam, Muḥammad ﷺ. Il est en effet authentiquement rapporté dans les deux Ṣaḥîḥ qu’il a dit :
« Vous portez vos litiges devant moi, et il se peut que l’un de vous soit plus habile que l’autre dans l’exposé de son argument ; je ne juge donc qu’en fonction de ce que j’entends. Si je prononce en faveur de quelqu’un une part du droit de son frère, qu’il ne la prenne pas : je ne lui attribuerais alors qu’un morceau de feu. »