Ainsi, lorsque les croyants sont frappés par une calamité – maladie, pauvreté ou humiliation – ils patientent face au décret d’Allah, même si cette épreuve provient du péché d’autrui. Tel est le cas, par exemple, d’un père qui aura dilapidé sa fortune dans la désobéissance et aura, de ce fait, plongé ses enfants dans la misère : ceux-ci doivent endurer ce qui les atteint. S’ils venaient à le blâmer pour leurs propres intérêts, on leur rappellerait alors le Décret divin.
[Agrément du jugement d’Allah : un rang supérieur à la patience]
La patience est obligatoire, d’un commun accord entre les savants. Plus élevé encore est l’agrément du jugement d’Allah. À propos de cet agrément, certains ont dit qu’il est obligatoire ; d’autres qu’il n’est que recommandé ; c’est là l’avis correct. Plus haut que cela encore se trouve le fait de remercier Allah pour la calamité, lorsque l’on considère les bienfaits qu’Il y a renfermés : Il en fait une cause d’expiation des péchés, d’élévation des degrés, de retour à Lui, d’imploration et d’intense humilité, ainsi que de sincérité dans la confiance et l’espoir placés en Lui plutôt qu’en les créatures.
[Les gens de la rébellion : qadarites dans l’obéissance, jabarites dans la désobéissance]
Quant aux gens de l’injustice et de l’égarement, tu les vois invoquer le Décret lorsqu’ils commettent un péché et suivent leurs passions, alors qu’ils s’attribuent les bonnes œuvres lorsqu’Allah les leur accorde. Comme l’a dit l’un des savants : « Dans l’obéissance tu es qadarite, dans la désobéissance tu es jabarite ; tu adoptes la doctrine qui flatte tes penchants. »
Les gens de la guidée et de la rectitude, eux, lorsqu’ils accomplissent une bonne action, reconnaissent que c’est un bienfait qu’Allah leur a accordé : c’est Lui qui les a favorisés, qui les a faits musulmans, qui les a aidés à accomplir la prière, qui leur a inspiré la piété ; il n’y a de force ni de puissance que par Lui. La contemplation du Décret efface alors de leurs cœurs toute vanité, toute autosatisfaction et toute nuisance envers autrui.