impossible ; ils n’informent que de réalités que la raison tient pour possibles, non d’impossibilités rationnelles. Il est, en effet, exclu que les informations transmises par le Messager contiennent quoi que ce soit qui contredise la raison explicite ; il est également exclu que deux preuves certaines se contredisent, qu’elles soient toutes deux rationnelles, toutes deux scripturaires, ou que l’une soit rationnelle et l’autre scripturaire. Que dire, dès lors, de celui qui prétend à un dévoilement intérieur en contradiction flagrante avec la Révélation et la raison !
Ces gens-là ne mentent pas nécessairement de propos délibéré ; seulement, il leur est suggéré des choses qui demeurent dans leur imagination et qu’ils croient extérieures, ou bien ils voient réellement certaines choses, les prennent pour des prodiges des saints (awliyâʾ) alors qu’elles ne sont que des tromperies des démons.
[Leur élévation des saints au-dessus des prophètes et leur affirmation que la prophétie ne s’est pas éteinte]
Ces partisans de la « unité » peuvent ainsi placer les saints avant les prophètes et soutenir que la prophétie n’a jamais cessé.
[Au sujet de la désobéissance]
Il est rapporté d’Ibn Sabʿîn et d’autres qu’ils établissent trois degrés : ils disent que le serviteur témoigne d’abord de l’obéissance et de la désobéissance ; ensuite, de l’obéissance sans désobéissance ; enfin, ni obéissance ni désobéissance. Or le premier témoignage est le témoignage authentique, celui qui distingue entre obéissances et désobéissances ; quant au second, ils entendent par là le témoignage du décret (qadar).
De même, certains d’entre eux affirment : « Je renie un Seigneur auquel on désobéit », prétendant que la désobéissance consiste à contredire la Volonté — c’est-à-dire la machîʾah —, toutes les créatures entrant, selon eux, dans le domaine de cette volonté.
Et leur poète dit :