Selon eux, le gnostique réalisé n’est nullement affecté par l’adoration des idoles.
[Sur leur injonction à délaisser la raison et la Loi]
Une telle affirmation renferme une mécréance des plus graves ; elle leur impose en permanence une contradiction, car on peut leur demander : qui donc se trompe ?
Pourtant, ils déclarent : « Le Seigneur est qualifié de toutes les imperfections qu’on attribue à la créature »,
et ils ajoutent : « Les créatures sont dotées de toutes les perfections qu’on attribue au Créateur. »
Ils reprennent encore la parole de l’auteur des Fuṣūṣ : « Le Très-Haut par essence est celui auquel appartient la perfection embrassant tous les attributs d’existence et les relations d’inexistence, qu’elles soient louées par la coutume, la raison ou la Loi, ou blâmées par la coutume, la raison et la Loi ; et nul autre que le Nom Allâh ne possède cela exclusivement. »
Malgré cette mécréance, la contradiction ne les quitte pas ; car il est évident, aux sens comme à la raison, que ceci n’est pas cela.
Ces gens tiennent les mêmes propos qu’al-Tilimsānī : « Il nous a été établi, par le dévoilement intérieur (kashf), ce qui contredit la raison explicite. »
Ils soutiennent encore : « Celui qui veut parvenir à la “réalisation” – la leur – qu’il abandonne raison et Loi. »
J’ai dit à l’un d’entre eux lors d’un entretien :
« Il est notoire que le dévoilement des prophètes est plus grand et plus parfait que celui des autres, et que leur information est plus véridique que toute autre ; or les prophètes – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur eux – informent de réalités que les esprits humains sont incapables de connaître, et non de ce que les gens savent par leur seule raison être… »