Parmi eux – et il est le plus habile de leurs partisans de l’union – : lorsque les Fuṣûṣ furent lus en sa présence et qu’on lui dit : « Le Coran contredit vos Fuṣûṣ », il déclara :
« Tout le Coran est polythéisme (shirk) ; le véritable tawḥîd se trouve uniquement dans nos paroles. »
On lui rétorqua : « Si l’existence est une, pourquoi l’épouse est-elle licite tandis que la sœur est illicite ? »
Il répondit : « Pour nous, tout est licite ; mais ces voilés (maḥjûbûn) ont prétendu : “Illicite !”, alors nous avons dit : “Illicite pour vous.” »
[Critique de la doctrine de l’Unité de l’Être]
Outre son immense mécréance, ce propos est une contradiction manifeste : si l’existence n’est qu’une, qui donc est voilé et qui est le voileur ? C’est ainsi qu’un de leurs shaykhs dit à son disciple : « Quiconque te dit qu’il existe dans l’univers autre qu’Allâh a menti. » Le disciple lui demanda : « Qui donc est celui qui ment ? »
À un autre, ils dirent : « Tout cela n’est que des manifestations. » Il leur répondit : « Les manifestations sont-elles autres que Ce qui Se manifeste ou bien sont-elles Lui-même ? Si elles Lui sont autres, vous avez admis la relation ; si elles sont Lui, il n’y a plus de distinction. »
Nous avons, ailleurs, longuement dévoilé les arcanes de ces gens et exposé la réalité de la parole de chacun d’eux. Quant à l’auteur des Fuṣûṣ, il dit : « Le non-existant est une chose, et l’existence du Vrai a débordé sur tous deux », distinguant ainsi entre l’existence (wujûd) et la fixation (thubût).
Même les Muʿtazilites, qui ont soutenu : « Le non-existant est une chose établie à l’extérieur », bien qu’égarés, sont meilleurs que lui ; car eux affirment que le Seigneur a créé, pour ces choses établies dans le néant, une existence qui n’est pas l’existence du Seigneur, alors que celui-ci prétend que l’essence même de l’existence du Seigneur a débordé sur elles ; de sorte que, selon lui, il n’existe aucune existence