parmi lesquelles des retraites spirituelles associées à une nourriture déterminée et à des pratiques spécifiques ; or, de telles méthodes ouvrent pour celui qui s’y adonne une connexion avec les djinns et les démons, si bien qu’ils prennent cela pour des karâmât accordées aux awliyâʾ.
[Ses états démoniaques]
Il ne s’agit pourtant que d’états sataniques. J’en connais plusieurs : l’un d’eux était transporté dans les airs jusqu’à un lieu lointain puis ramené ; un autre se voyait apporter de l’argent volé – les démons se chargeaient de le dérober et de le lui rapporter ; un autre encore recevait d’eux l’indication des vols commis, contre une rétribution versée par les gens, ou un présent qu’ils lui offraient lorsqu’il leur révélait l’emplacement de leurs biens subtilisés, et ainsi de suite.
Du fait que ces états sont diaboliques, leurs auteurs se trouvent en opposition avec les Messagers – que les prières et la paix d’Allâh soient sur eux –, comme on le lit dans les propos de l’auteur des Futûḥât al-Makkîyah et des Fuṣûṣ.
[Ses éloges des mécréants]
Dans le même ordre d’idées, il fait l’éloge des mécréants – tels le peuple de Noé, celui de Hûd, Pharaon et d’autres encore – tout en rabaissant les Prophètes, comme Noé, Ibrâhîm, Mûsâ et Hârûn. Il dénigre aussi les maîtres musulmans que les musulmans tiennent en haute estime, tels Junayd ibn Muḥammad, Sahl ibn ʿAbd Allâh at-Tustarî et leurs semblables.
Il loue en revanche ceux que les musulmans blâment, tel al-Ḥallâj et consorts, comme il l’a mentionné dans ses théophanies imaginaires et démoniaques.
[Sa doctrine concernant l’Éternel et le contingent]
Junayd – qu’Allâh sanctifie son âme – comptait parmi les imâms de la guidée. On l’interrogea au sujet du tawḥîd ; il répondit : « Le tawḥîd consiste à distinguer le contingent de l’Éternel. » Il a donc clairement indiqué que l’unicité consiste à différencier entre l’Éternel et le créé, entre le Créateur et la créature.