[Révélation de l’objectif ultime des soufis issus des philosophes quant aux fondements de la foi et à la majesté du Créateur]
La finalité véritable de ces gens est de nier les fondements mêmes de la foi : croire en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses messagers et au Jour dernier.
Au fond, leur démarche revient à rejeter le Créateur, puisqu’ils ont fait de l’existence de la créature l’existence même du Créateur.
[Critique des doctrines de l’incarnation (ḥulûl) et de l’unicité de l’être (waḥdat al-wujûd)]
Ils ont affirmé : « L’existence est unique », sans distinguer entre l’unicité d’essence et l’unicité d’espèce ; de même que les existants partagent le terme « existence », les hommes partagent le terme « homme », et les animaux le terme « animal ».
Or, cette notion universelle commune n’est universelle qu’en l’intellect ; autrement, l’animalité qui subsiste dans cet homme n’est pas celle qui subsiste dans le cheval, et l’existence des cieux n’est pas, en tant que telle, l’existence de l’homme. De même, l’existence du Créateur – exaltée soit Sa majesté – n’est pas comparable à l’existence de Ses créatures.
Au fond, leur parole est celle de Pharaon, qui nia le Concepteur : il ne rejetait pas l’existence visible et tangible, mais prétendait qu’elle existe par elle-même, sans artisan. Eux l’ont suivi en cela, puis ont soutenu que cette existence serait Allah Lui-même. Ils sont donc plus égarés que lui, bien que sa déclaration soit, en soi, plus manifestement corrompue que la leur. C’est la raison pour laquelle ils ont prétendu que les adorateurs d’idoles n’avaient en réalité adoré qu’Allah.
Ils dirent encore : « Parce que Pharaon occupait une position de domination, détenteur du glaive – chose acceptée, selon la coutume, comme un pouvoir officiel –, il déclara : “Je suis votre Seigneur, le Très-Haut”, c’est-à-dire : bien que tous soient, à un certain égard, des seigneurs, je suis plus haut que vous du fait de l’autorité apparente qui m’a été accordée sur vous. »