Ibn Jubayr a rapporté d’après Ibn ‘Abbâs, au sujet de la parole du Très-Haut : « al-Waswâs al-Khannâs », deux faces d’explication :
La première : il s’agit de celui qui, par son insinuation, ramène (l’homme) en arrière, loin de la guidée.
La seconde : il s’agit de celui qui, par son insinuation, le fait sortir de la certitude.
[Sourate An-Nâs, 114 : 5]
« Celui qui chuchote dans les poitrines des hommes » (v. 5).
Muqâtil a dit : « Le Shayṭân, sous la forme d’un porc, coule dans le fils d’Adam à la manière du sang dans les veines ; Allah lui a accordé ce pouvoir. » C’est le sens de Sa parole : « Celui qui chuchote dans les poitrines des hommes. »
Il est rapporté dans les Ṣaḥîḥ, d’après le Prophète ﷺ : « Le Shayṭân circule dans le fils d’Adam comme le sang. » Ce ḥadith atteste la parole de Muqâtil.
Shahr ibn Ḥawshab a rapporté d’Abû Tha‘labah al-Khushanî qu’il dit : « J’ai demandé à Allah de me montrer le Shayṭân et la place qu’il occupe dans le fils d’Adam. Je le vis : ses mains dans les siennes, ses pieds dans les siens, ses ramifications dans tout son corps, mais il avait un groin semblable à celui d’un chien. Quand Allah est invoqué, il se replie et abaisse la tête ; quand le rappel d’Allah cesse, il saisit le cœur. » La description d’Abû Tha‘labah indique qu’il est ramifié dans tout le corps, c’est-à-dire qu’il possède, dans chaque membre, une branche.
On rapporte d’Abd ar-Raḥmân ibn al-Aswad – ou d’un autre des Tâbi‘în – qu’il disait, bien qu’âgé : « Je ne me sens pas à l’abri de la fornication, et qu’est-ce qui me garantit que le Shayṭân n’introduirait pas son membre pour le planter ? » Cette parole t’informe qu’il se ramifie dans le corps ; c’est là le sens de la parole de Muqâtil.
Quant à son « waswas » (insinuation), il s’agit de son appel à lui obéir par une parole subtile dont le sens atteint le cœur sans qu’aucun son ne soit entendu.
[Sourate An-Nâs, 114 : 6]
« Parmi les jinns et les hommes » (v. 6).
Le verset indique que le chuchoteur peut être issu des hommes.
Al-Ḥasan a dit : « Il existe deux Shayṭâns : le Shayṭân des jinns, qui chuchote dans les poitrines des hommes, et le Shayṭân des humains, qui vient ouvertement. »
Qatâdah a déclaré : « Il y a parmi les jinns des démons et parmi les hommes des démons ; cherche donc refuge auprès d’Allah contre les démons des hommes et des jinns. »
Il est rapporté d’Abû Dharr qu’il dit un jour à un homme : « T’es-tu réfugié auprès d’Allah contre les démons humains ? » – « Y a-t-il des démons parmi les hommes ? » répondit-il. – « Oui, dit Abû Dharr, conformément à la parole du Très-Haut : ‟Ainsi avons-Nous assigné à chaque prophète un ennemi : des démons d’entre les hommes et les jinns” (al-An‘âm, 112). »
Un groupe est d’avis que le terme « an-nâs » (les hommes) désigne ici les jinns ; ils furent appelés « nâs » tout comme ils furent nommés « rijâl » (hommes) dans Sa parole : « Et il y avait des hommes d’entre…»