et le salue – me demanda : « Comment as-tu dit ? » Je le lui répétai ; il passa alors sa main sur moi, puis dit : « Ô Allâh, guéris-le. » Dès lors, cette douleur ne reparut plus.
ʿAbd Allâh b. ʿAmr, ʿAbd ar-Raḥmân b. Sâbiṭ, ʿÎsâ b. ʿUmar, ainsi que Ruways d’après Yaʿqûb, ont récité l’expression « min sharri an-naffâthâti » sur le schème fāʿilāt. Cette lecture est également rapportée d’ʿAbd Allâh b. al-Qâsim, affranchi d’Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq – qu’Allâh les agrée tous deux.
Il est rapporté que des femmes ensorcelèrent le Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue – au moyen de onze nœuds ; Allâh fit alors descendre les deux sourates protectrices, totalisant précisément onze versets.
Ibn Zayd a dit : « Elles étaient des Juives » – c’est-à-dire les sorcières sus-mentionnées ; d’autres ont affirmé qu’il s’agissait des filles de Labîd b. al-Aʿṣam.
Huitièmement – Parole du Très-Haut :
« … et contre le mal de l’envieux lorsqu’il envie. »
Le sens du ḥasad a déjà été exposé dans la sourate « An-Nisâʾ » (1) : il consiste à souhaiter la disparition du bienfait accordé à autrui, quand bien même l’envieux n’en obtiendrait pas l’équivalent. La « munâfasa » (rivalité louable) est, elle, le désir d’obtenir un bienfait similaire sans souhaiter qu’il soit retiré à son détenteur. Ainsi, l’envie est un mal blâmable, tandis que la rivalité permise correspond à la ghibṭa.
Il a été rapporté que le Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue – a dit :
« Le croyant éprouve la ghibṭa, alors que l’hypocrite envie. »
Et il est consigné dans les deux Ṣaḥîḥ :
« Point d’envie que dans deux cas »,
autrement dit : il n’y a de ghibṭa légitime que dans deux situations, comme cela a déjà été mentionné dans la sourate « An-Nisâʾ » (2) – et louange à Allâh.
J’ai dit : les savants soutiennent que l’envieux ne nuit que lorsque son envie se manifeste par l’acte ou la parole ; c’est-à-dire lorsqu’elle le pousse à causer du tort au bénéficiaire : il traque alors ses défauts et guette ses faux pas.
Le Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue – a dit :
« Si tu viens à envier, n’outrepasse pas… » (hadith déjà cité).
L’envie fut le premier péché commis envers Allâh dans le ciel et le premier péché commis sur terre : Iblîs envieux d’Âdam, et Qâbîl envieux de Hâbîl.
L’envieux est honni, abhorré, repoussé, maudit. Belle est la parole de celui qui a dit :
Dis à l’envieux, quand son soupir devient affront,
Ô injuste qui se dit victime, n’es-tu pas toi-même affront ?
Neuvièmement – Cette sourate atteste qu’Allâh – qu’Il soit exalté – est le Créateur de tout mal, et qu’Il a ordonné à Son Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue – de chercher refuge contre l’ensemble des maux, en disant : « contre le mal de ce qu’Il a créé », et Il a clos cette énumération par l’envie.