Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Septièmement – An-Nassâʾî a rapporté d’après Abû Hurayrah que le Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue – a dit : « Quiconque noue un nœud puis y souffle a certes pratiqué la magie ; quiconque pratique la magie a certes commis un acte de polythéisme ; et quiconque s’attache (1) à quelque chose se verra confié à cette chose. »

Les savants ont divergé quant au souffle léger (an-nafth) lors de la ruqya : certains l’ont interdit, d’autres l’ont permis.

ʿIkrimah a dit : « Il ne convient pas au praticien de ruqya de souffler, de passer la main ni de nouer. »

Ibrâhîm (an-Nakhaʿî) a déclaré : « Ils désapprouvaient le souffle dans les incantations. »

L’un d’eux a raconté : « Je suis entré auprès d’Ad-Daḥḥâk alors qu’il souffrait ; je lui dis : “Ne veux-tu pas que je te protège, ô Abû Muḥammad ?” Il répondit : “Si, mais ne souffle pas.” Je le protégeai alors par les deux sourates protectrices (al-Muʿawwidhatayn). »

Ibn Jurayj a dit : « J’ai demandé à ʿAṭâʾ : “Doit-on souffler (yunfakh) ou expirer légèrement (yunfath) avec le Coran ?” Il répondit : “Rien de tout cela ; récite-le simplement ainsi.” Puis il ajouta ensuite : “Souffle si tu le souhaites.” »

On interrogea Muḥammad b. Sîrîn au sujet d’une ruqya sur laquelle on souffle ; il répondit : « Je n’y vois aucun mal, et lorsqu’ils divergent, c’est la Sunna qui tranche entre eux. »

ʿÂʾishah rapporte que le Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue – soufflait lors de la ruqya ; ce hadith est rapporté par les imams, et nous l’avons cité au début de la sourate ainsi qu’à propos du verset « Subḥân » (2).

Il est rapporté de Muḥammad b. Ḥâṭib que sa main avait été brûlée ; sa mère l’amena alors au Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue – qui se mit à souffler dessus tout en prononçant des paroles qu’il n’a pas retenues.

Muḥammad b. al-Ashʿath a dit : « On me conduisit chez ʿÂʾishah – qu’Allâh l’agrée – alors que mon œil était malade ; elle me fit une ruqya et souffla. »

Quant au propos rapporté d’ʿIkrimah – « Il ne convient pas au râqî de souffler » –, il semble qu’il se fonde sur le fait qu’Allâh, Exalté soit-Il, a fait du souffle dans les nœuds un mal dont on cherche protection ; dès lors, ce souffle ne saurait, en soi, constituer une protection. Or il n’en est pas ainsi : si le souffle dans les nœuds est blâmé, il ne s’ensuit pas que le souffle sans nœuds le soit également. En effet, le souffle dans les nœuds vise une sorcellerie nuisible aux âmes, tandis que ce souffle-ci est destiné à restaurer les corps ; on ne saurait assimiler ce qui profite à ce qui nuit.

De même, l’aversion d’ʿIkrimah pour le fait de passer la main va à l’encontre de la Sunna.

ʿAlî – qu’Allâh l’agrée – a dit : « Je tombai malade ; le Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue – entra auprès de moi tandis que je disais : “Ô Allâh, si mon terme est proche, fais-moi reposer ; s’il est différé, guéris-moi et accorde-moi la santé ; et s’il s’agit d’une épreuve, fais-moi faire preuve de patience.” Alors le Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue –… »

السابعة- روى النَّسَائِيُّ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: [مَنْ عَقَدَ عُقْدَةً ثُمَّ نَفَثَ فِيهَا، فَقَدْ سَحَرَ وَمَنْ سَحَرَ فَقَدْ أَشْرَكَ، وَمَنْ تَعَلَّقَ «١» شَيْئًا وُكِلَ إِلَيْهِ]. وَاخْتُلِفَ فِي النَّفْثِ عِنْدَ الرُّقَى فَمَنَعَهُ قَوْمٌ، وَأَجَازَهُ آخَرُونَ. قَالَ عِكْرِمَةُ: لَا يَنْبَغِي لِلرَّاقِي أَنْ يَنْفُثَ، وَلَا يَمْسَحَ وَلَا يَعْقِدَ. قَالَ إِبْرَاهِيمُ: كَانُوا يَكْرَهُونَ النَّفْثَ فِي الرُّقَى. وَقَالَ بَعْضُهُمْ: دَخَلْتُ عَلَى الضَّحَّاكِ وَهُوَ وَجِعٌ، فَقُلْتُ: أَلَا أُعَوِّذُكَ يَا أَبَا مُحَمَّدٍ؟ قَالَ: بلى، وَلَكِنْ لَا تَنْفُثْ، فَعَوَّذْتُهُ بِالْمُعَوِّذَتَيْنِ. وَقَالَ ابْنُ جُرَيْجٍ قُلْتُ لِعَطَاءٍ: الْقُرْآنُ يُنْفَخُ بِهِ أَوْ ينفث؟ قال: لا شي مِنْ ذَلِكَ وَلَكِنْ تَقْرَؤُهُ هَكَذَا. ثُمَّ قَالَ بعد: انفث إن شئت. وسيل مُحَمَّدُ بْنُ سِيرِينَ عَنِ الرُّقْيَةِ يُنْفَثُ فِيهَا، فَقَالَ: لَا أَعْلَمُ بِهَا بَأْسًا، وَإِذَا اخْتَلَفُوا فَالْحَاكِمُ بَيْنَهُمُ السُّنَّةُ. رَوَتْ عَائِشَةَ أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يَنْفُثُ فِي الرُّقْيَةِ، رَوَاهُ الْأَئِمَّةُ، وَقَدْ ذَكَرْنَاهُ أَوَّلَ السُّورَةِ وَفِي " سُبْحَانَ" «٢» . وَعَنْ مُحَمَّدِ بْنِ حَاطِبٍ أَنَّ يَدَهُ احْتَرَقَتْ فَأَتَتْ بِهِ أُمُّهُ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَجَعَلَ يَنْفُثُ عَلَيْهَا وَيَتَكَلَّمُ بِكَلَامٍ، زَعَمَ أَنَّهُ لَمْ يَحْفَظْهُ. وَقَالَ مُحَمَّدُ بْنُ الْأَشْعَثِ: ذُهِبَ بِي إِلَى عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا وَفِي عَيْنِي سُوءٌ، فَرَقَتْنِي وَنَفَثَتْ. وأما ما روي عن عكرمة من قول: لَا يَنْبَغِي لِلرَّاقِي أَنْ يَنْفُثَ، فَكَأَنَّهُ ذَهَبَ فِيهِ إِلَى أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى جَعَلَ النَّفْثَ فِي الْعُقَدِ مِمَّا يُسْتَعَاذُ بِهِ، فَلَا يَكُونُ بِنَفْسِهِ عُوذَةً. وَلَيْسَ هَذَا هَكَذَا، لِأَنَّ النَّفْثَ فِي الْعُقَدِ إِذَا كَانَ مَذْمُومًا لَمْ يَجِبْ أَنْ يَكُونَ النَّفْثُ بِلَا عُقَدٍ مَذْمُومًا. وَلِأَنَّ النَّفْثَ فِي الْعُقَدِ إِنَّمَا أُرِيدَ بِهِ السِّحْرُ الْمُضِرُّ بِالْأَرْوَاحِ، وَهَذَا النَّفْثُ لِاسْتِصْلَاحِ الْأَبْدَانِ، فَلَا يُقَاسُ مَا يَنْفَعُ بِمَا يَضُرُّ. وَأَمَّا كَرَاهَةُ عِكْرِمَةَ الْمَسْحَ فَخِلَافُ السُّنَّةِ. قَالَ عَلِيٌّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: اشْتَكَيْتُ، فَدَخَلَ عَلَيَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأَنَا أَقُولُ: اللَّهُمَّ إِنْ كَانَ أَجَلِي قَدْ حَضَرَ فَأَرِحْنِي، وَإِنْ كَانَ مُتَأَخِّرًا فَاشْفِنِي وَعَافِنِي، وَإِنْ كَانَ بَلَاءً فَصَبِّرْنِي. فقال النبي صلى الله عليه
(١). أي من علق شيئا من التعاويذ والتمائم معتقدا أنها تجلب إليه نفعا أو تدفع عنه ضررا. وقيل: المراد تمائم الجاهلية مثل الخرزات وأظفار السباع. أما ما يكون من القرآن والأسماء الإلهية فهو خارج عن هذا الحكم. (شرح سنن النسائي). (٢). راجع ج ١٠ ص ٣١٥ فما بعدها.

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