Al-Râkis : le fond de la vallée. On le retrouve également dans ce vers d’al-Nâbigha :
« Il vint jusqu’à moi, mais, entre nous, s’étendait un ravin profond et les gîtes retirés »¹.
Al-râkis désigne aussi le hâdî : le taureau placé au centre de l’aire de battage², autour duquel tournent les autres bœufs lors du dépiquage.
Il a encore été dit : c’est l’utérus qui s’ouvre pour laisser sortir le vivant.
D’autres ont avancé qu’il englobe tout ce qui se fend pour donner naissance à ce qu’Allâh a créé : les animaux, l’aurore, le grain, le noyau, toute espèce végétale et autre ; c’est l’avis d’al-Ḥasan et d’autres.
Al-Ḍaḥḥâk a déclaré : « al-Falaq est l’ensemble de la création. » Il récita :
« Un chuchoteur invoquait, sincère, le Seigneur du Falaq,
En secret, après avoir recherché l’interprétation des augures. »³
Je dis : cette opinion est confirmée par l’étymologie, car al-falaq signifie la fente ; falaqtu sh-shay’a falaqan, c’est-à-dire : « je l’ai fendu ». Taflîq a le même sens. On dit : falaqtuhu, puis il s’est fendu (in-falaqa) ou s’est entièrement ouvert (tafallaqa). Ainsi, tout ce qui se fend — qu’il s’agisse d’un être vivant, de l’aurore, d’un grain, d’un noyau ou de l’eau — est un falaq.
Le Très-Haut a dit : « le Fendeur de l’aurore » (Al-An‘âm, 6 : 96), et : « le Fendeur du grain et du noyau » (Al-An‘âm, 6 : 95).
Dhû r-Rumma, décrivant le taureau sauvage, a dit :
« Jusqu’à ce que la clarté de l’aurore parût sur son visage,
Tandis que son guide, aux dernières heures de la nuit, se dressait droit. »⁶
Ici, al-falaq renvoie précisément à l’aurore.
Al-falaq désigne encore la partie basse et plane du terrain comprise entre deux hauteurs ; son pluriel est fulqân, tout comme khulqân correspond à khalq. On dit parfois : « Cela se produisit à Fâliq un tel », entendant le lieu en pente.