je t’incante, au nom d’Allâh, contre tout ce qui te nuit, contre le mal d’un envieux et d’un regard malveillant ; qu’Allâh te guérisse. »
Ils dirent alors : « Ô Messager d’Allâh, ne voulons-nous pas tuer ce perfide ? »
Il répondit : « Quant à moi, Allâh m’a déjà guéri, et je répugne à soulever parmi les gens un mal. »
Al-Qushayrî rapporte dans son Tafsîr qu’il est mentionné dans les Ṣaḥîḥ qu’un jeune garçon juif servait le Prophète ﷺ ; les Juifs le soudoyèrent¹ sans relâche jusqu’à ce qu’il recueillît la mushâṭa – (avec ḍamma sur le mîm) c’est-à-dire les cheveux tombés lors du peignage – de la tête du Prophète ﷺ. Il prit aussi plusieurs dents de son peigne, les remit aux Juifs, et ceux-ci l’ensorcelèrent avec cela ; celui qui s’en chargea fut Labîd ibn al-Aʿṣam, le Juif. Al-Qushayrî mentionne ensuite un récit semblable à celui déjà cité d’après Ibn ʿAbbâs.
Troisièmement – La sourate al-Baqarah a déjà traité de la magie, de sa réalité, des douleurs et des corruptions qu’elle engendre, ainsi que du statut du magicien ; il n’est donc pas nécessaire d’y revenir².
Quatrièmement – Au sujet de la parole du Très-Haut : « al-Falaq », les exégètes ont divergé.
– Il fut dit : c’est une prison en Enfer, avis d’Ibn ʿAbbâs.
– Ubayy ibn Kaʿb dit : c’est une demeure en Enfer ; quand on l’ouvre, les gens du Feu crient sous l’effet de sa chaleur.
– Al-Hubullî Abû ʿAbd al-Raḥmân³ dit : c’est l’un des noms de la Géhenne.
– Al-Kalbî dit : une vallée en Enfer.
– ʿAbd Allâh ibn ʿUmar : un arbre dans le Feu.
– Saʿîd ibn Jubayr : un puits dans le Feu.
– An-Naḥḥâs dit : on appelle falaq ce qui est creux et rabaissé dans la terre ; cette interprétation est donc recevable.
– Jâbir ibn ʿAbd Allâh, al-Ḥasan, Saʿîd ibn Jubayr de nouveau, Mujâhid, Qatâdah, al-Quraẓî et Ibn Zayd affirment qu’al-Falaq désigne l’aube ; c’est aussi l’avis d’Ibn ʿAbbâs.
Les Arabes disent : « Cela est plus manifeste que la fente de l’aube (falaq al-ṣubḥ) ou sa rupture (faraq al-ṣubḥ). »
Le poète a dit :
Ô nuit dont je ne goûtai point le repos, ô nuit,
Étendu, je comptai les astres jusqu’à l’aube qui luit.
Je les épiai sans trêve jusqu’au vallon profond,
Quand les montures y posèrent la main, au ravin profond.
On a également dit : al-Falaq désigne les montagnes et les rochers qui se fendent sous l’action des eaux, c’est-à-dire se fissurent.
On a encore avancé qu’il s’agit de la crevasse apparaissant entre les montagnes et les rochers, car ceux-ci se fendent par crainte d’Allâh – Majesté et Gloire à Lui.
Zuhayr a dit :
Je ne cessai de les guetter jusqu’à ce qu’ils descendissent,
Et que les mains des montures les menassent vers le val fendissé.