Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ceci est l’opinion correcte, tandis que la voie suivie par les gens n’est que fausseté et impossibilité ; il a ainsi annulé le sens du verset. En effet, les exégètes ont dit : Le verset fut révélé en réponse aux polythéistes lorsqu’ils dirent au Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – : « Décris-nous ton Seigneur : est-Il fait d’or, de cuivre ou de bronze ? » Allah – Puissant et Majestueux – répliqua : « Dis : Il est Allah, l’Unique. » Le pronom huwa indique la teneur de la réfutation et le lieu de la réponse ; dès lors, si ce mot est omis (1), le sens du verset est abrogé et le mensonge contre Allah – exalté soit-Il – ainsi que le démenti de Son Messager – paix et salut sur lui – deviennent effectifs.

At-Tirmidhî rapporte d’après Ubayy ibn Kaʿb que les polythéistes dirent au Messager d’Allah – paix et salut sur lui – : « Attribue-nous ton Seigneur. » Allah – Puissant et Majestueux – fit alors descendre : « Dis : Il est Allah, l’Unique. Allah, As-Ṣamad. »

As-Ṣamad : Celui qui n’engendre pas et n’est pas engendré, car toute chose qui vient à naître mourra, et toute chose qui meurt sera héritée, tandis qu’Allah – Très-haut – ne meurt pas et n’est pas hérité. « Et il n’y a pour Lui nul équivalent » (2) : c’est-à-dire qu’Il n’a ni semblable ni égal, « rien ne Lui ressemble ».

Il est rapporté d’Abû l-ʿĀliyah que le Prophète – paix et salut sur lui – évoqua leurs divinités ; ils dirent alors : « Attribue-nous ton Seigneur. » Il dit : « Gabriel vint alors à moi avec cette sourate : Dis : Il est Allah, l’Unique », et il rapporta un récit analogue sans mentionner Ubayy ibn Kaʿb ; c’est cette version qui est la plus authentique, dit At-Tirmidhî.

Je dis : Ce ḥadith confirme la formule « Dis : Il est Allah, l’Unique » et explique le terme « As-Ṣamad », comme on l’a vu plus haut. Un récit similaire est rapporté de ʿIkrima.

Ibn ʿAbbâs a dit : « Il n’engendre pas comme Marie a enfanté, et Il n’est pas engendré comme le furent Jésus et ʿUzayr. » Ceci constitue une réfutation adressée aux chrétiens et à ceux qui ont dit : « ʿUzayr est fils d’Allah. »

« Et il n’y a pour Lui nul équivalent » : c’est-à-dire qu’Il n’a aucun semblable. Le verset comporte ici une inversion : l’ordre sous-entendu est « Et il n’y a pour Lui équivalent aucun », le prédicat de kāna ayant été placé avant son sujet afin que les finales des versets s’alignent sur un même rythme. On lit « kufuwan » avec la lettre fā vocalisée d’un ḍamma puis rendue muette. Il a déjà été mentionné dans la sourate « Al-Baqarah » que tout nom de trois lettres commençant par un ḍamma autorise, dans sa consonne médiane, soit le ḍamma soit la suppression de la voyelle (3), à l’exception de la parole divine : « Et ils ont attribué à Celui-ci, parmi Ses serviteurs, une portion » (4) [Az-Zukhruf : 15], pour une raison déjà exposée. Ḥafṣ a récité « kufuwan » avec la fā sous ḍamma, sans hamza. Toutes ces variantes relèvent de dialectes éloquents.

هُوَ الصَّوَابُ، وَالَّذِي عَلَيْهِ النَّاسُ هُوَ الْبَاطِلُ وَالْمُحَالُ، فَأَبْطَلَ مَعْنَى الْآيَةِ، لِأَنَّ أَهْلَ التَّفْسِيرِ قَالُوا: نَزَلَتِ الْآيَةُ جَوَابًا لِأَهْلِ الشِّرْكِ لَمَّا قَالُوا لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: صِفْ لَنَا رَبّكَ، أَمِنْ ذَهَبٍ هُوَ أَمْ مِنْ نُحَاسٍ أَمْ مِنْ صُفْرٍ؟ فَقَالَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ رَدًّا عَلَيْهِمْ: قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ. فَفِي هُوَ دَلَالَةٌ عَلَى مَوْضِعِ الرَّدِّ، وَمَكَانِ الْجَوَابِ، فَإِذَا سَقَطَ «١» بَطَلَ مَعْنَى الْآيَةِ، وَصَحَّ الِافْتِرَاءُ عَلَى اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ، وَالتَّكْذِيبُ لِرَسُولِهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. وَرَوَى التِّرْمِذِيُّ عَنْ أُبَيِّ بْنِ كَعْبٍ: أَنَّ الْمُشْرِكِينَ قَالُوا لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: انْسُبْ لَنَا رَبّكَ، فَأَنْزَلَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ: قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ. اللَّهُ الصَّمَدُ. وَالصَّمَدُ: الَّذِي لم يلد ولم يولد، لأنه ليس شي يولد إلا سيموت، وليس شي يَمُوتُ إِلَّا سَيُورَثُ، وَأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى لَا يَمُوتُ وَلَا يُورَثُ. وَلَمْ يَكُنْ لَهُ كُفُواً أَحَدٌ «٢» : قَالَ: لَمْ يَكُنْ لَهُ شَبِيهٌ وَلَا عدل، وليس كمثله شي. وَرُوِيَ عَنْ أَبِي الْعَالِيَةِ: أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ذَكَرَ آلِهَتَهُمْ فَقَالُوا: انْسُبْ لَنَا رَبَّكَ. قَالَ: فَأَتَاهُ جِبْرِيلُ بِهَذِهِ السُّورَةِ قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ، فَذَكَرَ نَحْوَهُ، وَلَمْ يَذْكُرْ فِيهِ عَنْ أُبَيِّ بْنِ كَعْبٍ، وَهَذَا أصح، قَالَهُ التِّرْمِذِيُّ. قُلْتُ: فَفِي هَذَا الْحَدِيثِ إِثْبَاتُ لَفْظِ قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ وَتَفْسِيرُ الصَّمَدِ، وَقَدْ تَقَدَّمَ. وَعَنْ عِكْرِمَةَ نَحْوُهُ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: لَمْ يَلِدْ كَمَا وَلَدَتْ مَرْيَمُ، وَلَمْ يولد كما ولد عيس وَعُزَيْرٌ. وَهُوَ رَدٌّ عَلَى النَّصَارَى، وَعَلَى مَنْ قَالَ: عُزَيْرٌ ابْنُ اللَّهِ. (وَلَمْ يَكُنْ لَهُ كُفُواً أَحَدٌ) أَيْ لَمْ يَكُنْ لَهُ مِثْلًا أحد. وفية تقدم وَتَأْخِيرٌ، تَقْدِيرُهُ: وَلَمْ يَكُنْ لَهُ كُفُوًا أَحَدٌ، فَقَدَّمَ خَبَرَ كَانَ عَلَى اسْمِهَا، لِيَنْسَاقَ أَوَاخِرُ الآي على نظم واحد. وقرى (كُفُوًا) بِضَمِّ الْفَاءِ وَسُكُونِهَا. وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي " البقرة" أن كل اسم على ثلاث أَحْرُفٍ أَوَّلُهُ مَضْمُومٌ، فَإِنَّهُ يَجُوزُ فِي عَيْنِهِ الضَّمُّ وَالْإِسْكَانُ «٣» ، إِلَّا قَوْلُهُ تَعَالَى: وَجَعَلُوا لَهُ مِنْ عِبادِهِ جُزْءاً «٤» [الزخرف: ١٥] لِعِلَّةٍ تَقَدَّمَتْ. وَقَرَأَ حَفْصٌ (كُفُوًا) مَضْمُومَ الْفَاءِ غير مهموز. وكلها لغات فصيحة.
(١). في نسخة من الأصل: (فأسقط آية وأبطل المعنى وصحف افتراء على الله عز وجل ... ) إلخ. (٢). بالهمزة قراءة نافع وهي قراءة المؤلف. [ ..... ] (٣). راجع ج ١ ص ٤٤٧ طبعه ثانية أو ثالثة. (٤). آية ١٥ سورة الزخرف راجع ج ١٦ ص ٦٩

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