Selon la version rapportée par Abû Ṣâliḥ : « Autour de son cou, une corde de masad. » Il dit : « Il s’agit d’une chaîne longue de soixante-dix coudées. »
Mujâhid et ʿUrwah b. az-Zubayr ont dit : « Elle entrera par sa bouche, ressortira par le bas de son corps, et le reste sera enroulé autour de son cou. »
Qatâdah a dit, au sujet de « une corde de masad » : « C’est un collier fait de wadaʿ. »
Le wadaʿ : ce sont des perles blanches provenant de la mer, de tailles diverses, petites ou grandes.
Le poète a dit :
La patience est celle d’un enfant innocent, A
qui, enfilant ses perles, tarde indéfiniment (1). A
Le pluriel est : wadaʿât.
Al-Ḥasan : « Ce n’étaient à l’origine que des perles passées à son cou. »
Saʿîd b. al-Musayyab : « Elle possédait un collier somptueux de pierres précieuses et elle déclara : “Par al-Lât et al-ʿUzzâ, je le dépenserai pour nuire à Muḥammad.” Ce même collier deviendra pour elle un châtiment autour du cou, le Jour de la Résurrection. »
On a dit aussi : il s’agit là d’une allusion à l’abandon divin ; c’est-à-dire qu’elle est entravée et empêchée de croire par le malheur qui lui a été voué, telle une personne dont le cou est ligoté par une corde de masad.
Le mot masad signifie : la torsion (des fibres).
On dit : masada ḥablahu yamsiduhu masdan, c’est-à-dire : il a parfaitement torsadé sa corde.
On a dit (2) :
Il raffermit le haut de sa chair, il la resserre ;
c’est que l’herbe fortifie le dos de cet âne et le rend plus ferme.
On appelle une monture « mamsûdat al-khalq » quand elle est solidement charpentée (3).
Le poète a dit :
D’une corde filée de chamelles racées, fauves au port altier, A
dont la moelle est dense, vigoureuse et fière de beauté ; A
Elles n’ont ni crocs acérés, ni fardeaux accablants, B
ni squelette débile, ni moelle se desséchant (4). B
On rapporte aussi : « ni faibles, dont la moelle serait évacuée. »
Al-Farrâʾ dit : le terme est au nominatif et le vers est « inversé » (5) ;
il veut dire : leur moelle est compacte, et il l’a élevée au rang de sujet initial.
Il ajoute : il n’est pas admissible de comprendre le vers ainsi : « ni faibles, leur moelle épuisée », pas plus qu’il n’est correct de dire : « Je suis passé auprès d’un homme, son père debout. »