Aṭāʾ ibn as-Sāʾib dit :
« J’ai rappelé à ash-Shaʿbī la parole du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — : « N’entrera pas au Paradis celui qui verse le sang, ni celui qui va colportant la médisance, ni le marchand qui pratique le ribā. »
Je lui demandai alors : « Abū ʿAmr, le colporteur est donc associé au meurtrier et à l’usurier ? »
Il répondit : « Comment le sang serait-il versé, les biens pillés et les grands troubles suscités, si ce n’est à cause de la nâmīmah ? »
Qatādah et d’autres ont rapporté : « Elle insultait le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — pour sa pauvreté. Pourtant, malgré l’abondance de ses biens, elle portait elle-même du bois sur son dos tant son avarice était extrême ; on la blâma donc pour son indigence de cœur. »
Ibn Zayd et ad-Ḍaḥḥāk ont dit : « Elle transportait des branches épineuses et des ronces, qu’elle jetait la nuit sur le chemin du Prophète — paix et bénédictions sur lui — et de ses Compagnons. » Ibn ʿAbbās l’a confirmé.
Ar-Rabīʿ a dit : « Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — marchait dessus comme on foule la soie. »
Murrah al-Hamdānī a dit : « Umm Jamīl venait chaque jour avec une grosse botte¹ de hasak² — des chardons acérés — qu’elle déposait sur la voie des musulmans. Un jour, alors qu’elle portait une brassée et qu’elle fut épuisée, elle s’assit sur une pierre pour se reposer ; l’ange la saisit alors par-derrière et mit fin à ses jours. »
Saʿīd ibn Jubayr a dit : « (Porteuse) de fautes et de péchés », selon l’expression : « Un tel ramasse du bois sur son dos. » La preuve en est la parole d’Allah, exalté soit-Il : « … tandis qu’ils porteront leurs fardeaux sur leurs dos »³ (al-Anʿām, 31).
On a également dit : l’expression signifierait « porteuse de bois pour le Feu (de l’Enfer) », mais cette interprétation est peu probable.
La lecture commune rend ḥammālatu (au nominatif) ; c’est alors le prédicat, tandis que « son épouse » est le sujet. L’énoncé « à son cou se trouve une corde de fibres torsadées » est, dans ce cas, soit une proposition circonstancielle (ḥāl) liée au pronom contenu dans ḥammālatu, soit un second prédicat.
Il se peut aussi que ḥammālata l-ḥaṭab soit un adjectif qualifiant « son épouse », et que le prédicat soit « à son cou… » ; on s’arrête alors à « dhāta lahab ». D’aucuns permettent de coordonner « son épouse » au pronom de « il y brûlera » ; on ne s’arrête donc pas à « dhāta lahab », mais à « wa-mraʾatuh », et « ḥammālata l-ḥaṭab » devient le prédicat d’un sujet sous-entendu.
ʿĀṣim a récité ḥammālata l-ḥaṭab (à l’accusatif) par manière de blâme, comme si elle était connue pour cela ; l’épithète vient ainsi pour la réprobation, non pour la spécification, à l’instar de la parole du Très-Haut : « maudits, où qu’ils soient trouvés »⁴. Abū Qilābah a quant à lui lu ḥāmilata l-ḥaṭab.
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¹ Les chiffres renvoient aux notes de l’édition arabe.
² Plante désertique hérissée d’épines.
³ Coran, 6 : 31.
⁴ Coran, 33 : 61.