[Sourate al-Masad (111) : verset 2]
« Sa richesse et tout ce qu’il a acquis ne lui seront d’aucune utilité » (2)
Autrement dit : rien de la fortune qu’il a amassée, ni le prestige qu’il s’est acquis, n’écartera de lui le châtiment d’Allah.
Mujâhid a dit : « Il s’agit de sa descendance ; en effet, l’enfant d’un homme fait partie de ce qu’il acquiert. »
L’Aʿmach a récité : « wa-mâ iktasaba – et ce qu’il a acquis », et il la rapporte d’après Ibn Masʿûd.
Abû al-Ṭufayl rapporte : « Les fils d’Abû Lahab vinrent se disputer devant Ibn ʿAbbâs. Ils en vinrent aux mains. Ibn ʿAbbâs se leva pour les séparer ; l’un d’eux le repoussa et il tomba sur la couche. Ibn ʿAbbâs se mit alors en colère et dit : “Faites sortir de chez moi ce gain pernicieux !”, entendant par là leur progéniture. »
D’après ʿÂ’isha – qu’Allah l’agrée –, le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit : « La meilleure nourriture qu’un homme mange provient de ce qu’il a acquis de ses propres mains, et son enfant fait partie de ce qu’il a acquis. » Rapporté par Abû Dâwûd.
Ibn ʿAbbâs dit : « Lorsque le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – avertit sa proche parenté du Feu, Abû Lahab déclara : “Si ce que dit le fils de mon frère est véridique, je rachèterai mon âme avec mes biens et mes enfants.” Alors fut révélé : Sa richesse et tout ce qu’il a acquis ne lui seront d’aucune utilité.
Le terme mâ, dans la phrase “mâ aghnâ”, peut être purement négatif ou interrogatif : “Qu’est-ce donc qui l’a dispensé ?”
Le second mâ peut signifier « ce que », ou former avec le verbe un masdar : « Rien, ni sa fortune ni ses acquisitions, ne l’a dispensé. »
[Sourate al-Masad (111) : verset 3]
« Il brûlera bientôt dans un Feu plein de flammes » (3)
C’est-à-dire : un Feu caractérisé par un embrasement et des flammes ardentes. L’explication en a déjà été donnée dans la sourate « al-Mursalât »¹.
La récitation la plus répandue lit : sayaslâ, avec l’ouverture du yâ’.
Abû Rajâ’ et al-Aʿmach lisent avec la damma sur le yâ’ (sayuslâ). Cette variante est rapportée par Maḥbûb d’après Ismâʿîl, d’après Ibn Kathîr, par Ḥusayn d’après Abû Bakr, d’après ʿÂṣim, et elle est également mentionnée d’après al-Ḥasan.
Ashhab al-ʿUqaylî, Abû Sammâl al-ʿAdawî et Muḥammad b. al-Samaïqaʿ lisent : sayusallâ – damma sur le yâ’, ouverture du ṣâd et redoublement du lâm –, c’est-à-dire : « Allah le fera brûler », comme dans Sa parole : « … et une brûlure de la Fournaise »² (al-Wâqiʿa : 94).
La seconde forme dérive de l’infinitif iṣlâ’, c’est-à-dire : « Allah le fera brûler », conformément à Sa parole : « Nous le ferons bientôt brûler dans un Feu »³ (an-Nisâ’ : 30).
La première lecture demeure la préférence unanime, tous les lecteurs l’ayant adoptée ; elle procède du verset : « sauf celui qui est voué à la Fournaise »⁴ (as-Ṣâffât : 163).