Allah – exalté soit-Il – voulut rendre effective l’attribution contenue dans cette kunya en le faisant entrer dans le Feu, afin qu’il en devînt véritablement le « père », confirmant ainsi la filiation et concrétisant l’augure funeste qu’il s’était choisi.
On a également dit : son nom tenait lieu de kunya. Les siens l’appelaient « Abû Lahab » en raison de la flamme et de l’éclat de son visage.
Allah les détourna donc de l’appeler « Abû Nûr » ou « Abû Ḍiyâ’ » – appellations susceptibles de convenir aussi bien à ce qui est aimé qu’à ce qui est détesté – et fit en sorte que leurs langues l’associent à « Lahab », terme exclusivement réservé à ce qui est haïssable et blâmé, à savoir le feu. Il confirma ensuite cette désignation en faisant du Feu sa demeure.
Mujâhid, Humayd, Ibn Kathîr et Ibn Muhayṣin ont récité « Abī Lahab » en maintenant la lettre h hâ’ muette, sans désaccord toutefois quant à la vocalisation ouverte de « lahab », car ils ont respecté la rime finale des versets.
Troisièmement. – Ibn ʿAbbâs a rapporté : lorsque Allah — Puissant et Majestueux — créa le Calame, Il lui dit : « Écris ce qui doit advenir », et parmi ce qu’il écrivit se trouvait : « Périssent les deux mains d’Abû Lahab. »
Mansûr rapporte que l’on demanda à al-Ḥasan au sujet de la parole du Très-Haut : « Périssent les deux mains d’Abû Lahab. » — « Était-elle consignée dans la Mère du Livre ? Abû Lahab aurait-il pu ne pas entrer dans le Feu ? » Il répondit : « Par Allah, il ne pouvait s’en abstenir ; cette sentence se trouvait bel et bien dans le Livre d’Allah avant même qu’Abû Lahab et ses parents ne soient créés. »
Cette idée est corroborée par la parole de Moïse à Adam :
« N’es-tu pas celui qu’Allah créa de Sa propre main, à qui Il insuffla de Son Esprit, qu’Il installa dans Son Paradis et devant qui Il fit se prosterner Ses anges ? Tu as déçu (1) les hommes et les as fait sortir du Paradis ! »
Adam répondit :
« Et toi, Moïse, qu’Allah a distingué par Sa Parole et à qui Il a donné la Thora, tu me blâmes pour une affaire qu’Allah avait décrétée à mon encontre avant qu’Il ne crée les cieux et la terre ? »
Le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — dit alors : « Adam a ainsi confondu Moïse (2). » (3)
Dans le ḥadith rapporté par Hammâm, d’après Abû Hurayra, Adam dit à Moïse :
« Combien d’années avant ma création as-tu trouvé qu’Allah avait écrit la Thora ? » — « Deux mille ans », répondit-il. — « Y as-tu trouvé : “Adam désobéit à son Seigneur et s’égara” ? » — « Oui. » — « Me blâmes-tu donc pour une affaire qu’Allah avait inscrit comme acte que j’accomplirais deux mille ans avant ma création ? » Adam confondit ainsi Moïse (4).
Dans le ḥadith de Ṭâwûs, Ibn Hurmuz et al-Aʿraj, d’après Abû Hurayra, il est dit : « quarante ans ».