Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Puis elle se retira.

Abû Bakr dit alors : « Ô Messager d’Allah, ne l’a-t-elle pas aperçu ? »
Il répondit : « Elle ne m’a point vu ; Allah lui a voilé la vue de ma personne. »

Les Quraychites n’appelaient en réalité le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – que par le sobriquet de « Mudhammam » (le blâmé), l’accablant d’injures. Il disait :
« Ne vous étonnez-vous pas de la façon dont Allah détourne de moi le mal de Quraych ? Ils insultent et satirisent “Mudhammam”, alors que je suis Muhammad. »

On a dit encore que la raison de la révélation de la sourate est le récit rapporté par ʿAbd ar-Raḥmân b. Zayd : Abû Lahab vint trouver le Prophète – paix et salut sur lui – et lui demanda : « Qu’obtiendrai-je si je crois en toi, ô Muhammad ? »
Il répondit : « Ce que reçoivent les musulmans. » – « Je n’aurai donc aucun privilège sur eux ?! » s’exclama-t-il. Le Prophète reprit : « Que désires-tu donc ? » Il s’écria : « À bas une religion où je serais l’égal de ces gens ! » C’est alors qu’Allah – Très-haut – fit descendre à son sujet : « Que périssent les deux mains d’Abû Lahab, et qu’il périsse ! »

Un troisième récit est rapporté par ʿAbd ar-Raḥmân b. Kaysân : lorsque des délégations se rendaient auprès du Prophète – paix et salut sur lui –, Abû Lahab allait à leur rencontre. Elles l’interrogeaient à son propos, disant : « Tu le connais mieux que nous. » Abû Lahab répondait : « C’est un menteur, un magicien. » Elles rebroussaient alors chemin sans aller le voir. Une délégation vint un jour, et il agit de la même façon ; mais ses membres déclarèrent : « Nous ne partirons pas avant de le voir et d’entendre sa parole. » Abû Lahab leur dit : « Nous n’avons cessé de le combattre ; qu’il périsse et soit voué au malheur ! » Quand le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – en fut informé, il en conçut de la tristesse ; Allah, le Très-haut, révéla alors : « Que périssent les deux mains d’Abû Lahab… » – toute la sourate.

On a également rapporté qu’Abû Lahab voulut lancer une pierre contre le Prophète – paix et salut sur lui –, mais Allah l’en empêcha, et Il fit descendre : « Que périssent les deux mains d’Abû Lahab, et qu’il périsse », en signe de cet empêchement.

Quant au terme « tabbat », il signifie : « a perdu », selon Qatâda ; « a échoué », selon Ibn ʿAbbâs ; « s’est égaré », selon ʿAtâʾ ; « a péri », selon Ibn Jubayr. Yâmân b. Riʾâb a dit : « Il est dépouillé de tout bien. »

Al-Aṣmaʿî rapporte d’après Abû ʿAmr b. al-ʿAlâʾ que, lorsque ʿUthmân – qu’Allah lui fasse miséricorde – fut assassiné, les gens entendirent une voix déclamer :

Ils t’ont abandonné puis se sont retirés,
Sans scrupule aucun, ils se sont séparés ;
Ils n’ont pas honoré les engagements qu’ils ont pris,
Malheur à leurs actes, qu’à jamais tout soit repris.

Il a spécifié les deux mains par la mention de la perdition parce que l’action émane le plus souvent d’elles : elles sont ainsi perdues, et lui aussi. Certains ont dit que l’expression « les deux mains » désigne la personne même, la « main » pouvant, en arabe, signifier l’individu, comme dans la parole d’Allah – Très-haut : « … à cause de ce que tes mains ont préparé… »[2] (Al-Ḥajj, 10).

ثُمَّ انْصَرَفَتْ. فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، أَمَا تَرَاهَا رَأَتْكَ؟ قَالَ: [مَا رَأَتْنِي، لَقَدْ أَخَذَ اللَّهُ بَصَرَهَا عَنِّي [. وَكَانَتْ قُرَيْشٌ إِنَّمَا تُسَمِّي رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُذَمَّمًا، يَسُبُّونَهُ، وَكَانَ يَقُولُ: [أَلَا تَعْجَبُونَ لِمَا صَرَفَ اللَّهُ عَنِّي مِنْ أَذَى قُرَيْشٍ، يَسُبُّونَ وَيَهْجُونَ مُذَمَّمًا وَأَنَا مُحَمَّدٌ [. وَقِيلَ: إِنَّ سَبَبَ نُزُولِهَا مَا حَكَاهُ عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ زَيْدٍ أَنَّ أَبَا لَهَبٍ أَتَى النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: مَاذَا أُعْطَى إِنْ آمَنْتُ بِكَ يَا مُحَمَّدُ؟ فَقَالَ: [كَمَا يُعْطَى الْمُسْلِمُونَ [قَالَ مَا لِي عَلَيْهِمْ فَضْلٌ؟!. قَالَ: [وأى شي تَبْغِي [؟ قَالَ: تَبًّا لِهَذَا مِنْ دِينٍ، أَنْ أَكُونَ أَنَا وَهَؤُلَاءِ سَوَاءً، فَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى فِيهِ. تَبَّتْ يَدا أَبِي لَهَبٍ وَتَبَّ. وَقَوْلٌ ثَالِثٌ حَكَاهُ عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ كَيْسَانَ قَالَ: كَانَ إِذَا وَفَدَ عَلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَقَدْ انْطَلَقَ إِلَيْهِمْ أَبُو لَهَبٍ فَيَسْأَلُونَهُ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَيَقُولُونَ لَهُ: أَنْتَ أَعْلَمُ بِهِ مِنَّا. فَيَقُولُ لَهُمْ أَبُو لَهَبٍ: إِنَّهُ كَذَّابٌ سَاحِرٌ. فَيَرْجِعُونَ عَنْهُ وَلَا يَلْقَوْنَهُ. فَأَتَى وَفْدٌ، فَفَعَلَ مَعَهُمْ مِثْلَ ذَلِكَ، فَقَالُوا: لَا نَنْصَرِفُ حَتَّى نَرَاهُ، وَنَسْمَعَ كَلَامَهُ. فَقَالَ لَهُمْ أَبُو لَهَبٍ: إِنَّا لَمْ نَزَلْ نُعَالِجهُ فَتَبًّا لَهُ وَتَعْسًا. فَأُخْبِرَ بِذَلِكَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَاكْتَأَبَ لِذَلِكَ، فَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى تَبَّتْ يَدا أَبِي لَهَبٍ ... السُّورَةَ. وَقِيلَ: إِنَّ أَبَا لَهَبٍ أَرَادَ أَنْ يَرْمِيَ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِحَجَرٍ، فَمَنَعَهُ اللَّهُ مِنْ ذَلِكَ، وَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى: تَبَّتْ يَدا أَبِي لَهَبٍ وَتَبَّ لِلْمَنْعِ الَّذِي وَقَعَ بِهِ. وَمَعْنَى تَبَّتْ: خسرت، قاله قَتَادَةُ. وَقِيلَ: خَابَتْ، قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ. وَقِيلَ ضَلَّتْ، قَالَهُ عَطَاءٌ. وَقِيلَ: هَلَكَتْ، قَالَهُ ابْنُ جُبَيْرٍ. وَقَالَ يَمَانُ بْنُ رِئَابٍ: صَفِرَتْ مِنْ كُلِّ خَبَرٍ. حَكَى الْأَصْمَعِيُّ عَنْ أَبِي عَمْرِو بْنِ الْعَلَاءِ أَنَّهُ لَمَّا قُتِلَ عُثْمَانُ رَحِمَهُ اللَّهُ سَمِعَ النَّاسُ هَاتِفًا يَقُول: لَقَدْ خَلَّوْكَ وَانْصَرَفُوا ... فَمَا أَبَوْا وَلَا رَجَعُوا وَلَمْ يُوفُوا بنذرهم ... فيا تبا لما صنعوا» وخصى الْيَدَيْنِ بِالتَّبَابِ، لِأَنَّ الْعَمَلَ أَكْثَرُ مَا يَكُونُ بِهِمَا، أَيْ خَسِرَتَا وَخَسِرَ هُوَ. وَقِيلَ: الْمُرَادُ بِالْيَدَيْنِ نَفْسُهُ. وَقَدْ يُعَبَّرُ عَنِ النَّفْسِ بِالْيَدِ، كَمَا قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: بِما قَدَّمَتْ يَداكَ «٢» [الحج: ١٠] .
(١). في بعض نسخ الأصل: فتبا للذي صنعوا (٢). آية ١٠ سورة الحج. [ ..... ]

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