Exégèse de la sourate « Tabbat »
La sourate « Tabbat » – également appelée « Al-Masad » – est, de l’avis unanime, mecquoise. Elle comporte cinq versets.
Au Nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
[Sourate Al-Masad (111) : verset 1]
Au Nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
« Que périssent les deux mains d’Abû Lahab, et qu’il périsse ! » (1)
Cette sourate renferme trois questions. Premièrement :
Parole du Très-Haut : « Que périssent les deux mains d’Abû Lahab ». Dans les deux Ṣaḥîḥ et ailleurs – la version retenue ici est celle de Muslim – Ibn ʿAbbâs rapporte : Lorsque fut révélé : « Avertis les membres de ta famille les plus proches [1] » [Ash-Shuʿarâʾ : 214] et « … et ton clan parmi eux, les sincères [2] », le Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – sortit et gravit la colline d’al-Ṣafâ. Il lança cet appel : « Yâ ṣabâḥâh ! » On demanda : « Qui donc crie ainsi ? » – « C’est Muhammad », répondirent-ils ; ils se rassemblèrent alors autour de lui. Il dit :
« Ô fils d’Untel ! ô fils d’Untel ! ô fils d’Untel ! ô fils de ʿAbd Manâf ! ô fils de ʿAbd al-Muṭṭalib ! » Lorsqu’ils se furent réunis, il poursuivit : « Que penseriez-vous si je vous annonçais que des cavaliers surgissent au flanc de cette montagne ; me croiriez-vous ? » Ils répondirent : « Nous ne t’avons jamais trouvé menteur. » Il leur dit alors : « Je suis pour vous un avertisseur, en avant-cours d’un châtiment sévère. »
Abû Lahab s’écria : « Périsse-toi ! Ne nous as-tu donc rassemblés que pour cela ? » Puis il se leva. Aussitôt fut révélée cette sourate : « Que périssent les deux mains d’Abû Lahab, et qu’il périsse », ainsi la récitait Al-Aʿmash jusqu’à la fin de la sourate.
Al-Humaydî et d’autres ont ajouté : Lorsque l’épouse d’Abû Lahab apprit ce qui avait été révélé dans le Coran au sujet de son époux et au sujet d’elle-même, elle se rendit auprès du Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – qui était assis dans la mosquée, près de la Kaʿba, en compagnie d’Abû Bakr – qu’Allah l’agrée. Dans sa main se trouvait un « fihr » [3] – une pierre. Lorsqu’elle se posta devant lui, Allah lui voila la vue du Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – si bien qu’elle ne vit qu’Abû Bakr. Elle dit :
« Ô Abû Bakr, ton compagnon – j’ai appris qu’il me satirise ; par Allah, si je le trouvais, je lui briserais la bouche avec ce “fihr”. Par Allah, je suis certes poétesse :
Le blâmé, nous l’avons bravé,
Son ordre, nous l’avons rejeté ;
Sa religion, nous l’avons méprisée,
Et sa voie, nous l’avons quittée. »