Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

et il ajouta : « En vérité, j’ai reçu l’ordre de la répéter. » Puis il récita : « Lorsque vient le secours d’Allah et la Conquête… » jusqu’à la fin de la sourate.

Abû Hurayra rapporte : « Après la révélation de cette sourate, le Prophète — salla Llahu ʿalayhi wa sallam — s’adonna à l’adoration avec tant d’ardeur que ses pieds enflèrent. Son corps s’amaigrit, il souriait rarement et pleurait abondamment. »

ʿIkrima dit : « Jamais le Prophète — salla Llahu ʿalayhi wa sallam — ne manifesta un effort plus intense pour l’Au-delà qu’à l’occasion de la révélation de cette sourate. »

Muqât il rapporte : « Lorsqu’elle fut révélée, le Prophète — salla Llahu ʿalayhi wa sallam — la récita à ses Compagnons, parmi lesquels se trouvaient Abû Bakr, ʿUmar et Saʿd b. Abî Waqqâṣ. Ils s’en réjouirent et s’en félicitèrent, tandis qu’al-ʿAbbâs pleura. Le Prophète — salla Llahu ʿalayhi wa sallam — lui demanda : “Qu’est-ce qui te fait pleurer, ô oncle ?” Il répondit : “Ta propre mort vient de t’être annoncée.” Le Prophète déclara : “C’est bien ainsi que tu le dis.” Il vécut ensuite soixante [1] jours, durant lesquels on ne le vit jamais rire ni afficher de gaieté.

On a également dit qu’elle fut révélée à Minâ, après les jours de tachrîq, au cours du Pèlerinage d’adieu. ʿUmar et al-ʿAbbâs se mirent alors à pleurer. On leur dit : « Or, c’est un jour de réjouissance ! » Ils répondirent : « Non, c’est en ce jour que l’annonce de la mort du Prophète — salla Llahu ʿalayhi wa sallam — a été faite. » Le Prophète — salla Llahu ʿalayhi wa sallam — dit : « Vous avez dit vrai ; ma mort m’a été annoncée. »

Dans le Ṣaḥîḥ de al-Bukhârî et ailleurs, Ibn ʿAbbâs rapporte : « ʿUmar b. al-Khaṭṭâb admettait les gens de Badr dans son conseil et me faisait entrer avec eux. Certains en prirent ombrage et dirent : “Il fait entrer ce jeune homme parmi nous, alors que nombre de nos fils lui ressemblent !” ʿUmar leur répondit : “Il est tel que vous le savez.” [2] Un jour donc, il les fit entrer, ainsi que moi, puis il les interrogea au sujet de cette sourate : “Lorsque vient le secours d’Allah et la Conquête.” Ils répondirent : “Allah — Puissant et Majestueux — a ordonné à Son Prophète — salla Llahu ʿalayhi wa sallam —, lorsqu’Il lui aura accordé la victoire, de Lui demander pardon et de se repentir.” ʿUmar demanda : “Et toi, que dis-tu, ô Ibn ʿAbbâs ?” Je répondis : “Ce n’est pas ainsi ; Allah a informé Son Prophète — salla Llahu ʿalayhi wa sallam — de l’imminence de son terme. Il a dit : ‘Lorsque vient le secours d’Allah et la Conquête’, c’est là le signe de ta mort. ‘Glorifie donc par la louange de ton Seigneur et implore Son pardon ; Il est certes Grand Accueillant au repentir.’” ʿUmar — qu’Allah l’agrée — dit alors : “Me blâmez-vous à son sujet ?”

Dans une autre version du Ṣaḥîḥ de al-Bukhârî, ʿUmar dit : « Je n’en sais rien d’autre que ce qu’il dit. » At-Tirmidhî l’a également rapporté : « ʿUmar m’interrogeait en présence des Compagnons du Prophète — salla Llahu ʿalayhi wa sallam. ʿAbd ar-Raḥmân b. ʿAwf lui dit : “Le questionnes-tu, alors que nous avons des fils de son âge ?” ʿUmar répondit : “Il est, pour ce que nous savons, tel qu’il doit être.” Il me questionna donc au sujet de ce verset : “Lorsque vient le secours d’Allah et la Conquête.” Je répondis : “Il s’agit de l’annonce de la fin du terme du Messager d’Allah — salla Llahu ʿalayhi wa sallam —, qu’Allah lui a communiquée”, puis je récitai la sourate jusqu’à son terme. ʿUmar me dit : “Par Allah ! Je n’en connais pas plus que ce que tu connais.” Il conclut : “Voilà.”

[1] Soixante jours.
[2] Allusion à la connaissance qu’ils avaient de la valeur d’Ibn ʿAbbâs.
[3] Marques signalant des variantes textuelles dans les versions citées.

إِلَيْهِ- قَالَ- فَإِنِّي أُمِرْتُ بِهَا- ثُمَّ قَرَأَ- إِذا جاءَ نَصْرُ اللَّهِ وَالْفَتْحُ إِلَى آخِرِهَا [. وقال أبو هريرة: اجتهد النبي صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَعْدَ نُزُولِهَا، حَتَّى تَوَرَّمَتْ قَدَمَاهُ. وَنَحَلَ جِسْمُهُ، وَقَلَّ تَبَسُّمُهُ، وَكَثُرَ بُكَاؤُهُ. وَقَالَ عِكْرِمَةُ: لَمْ يَكُنِ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَطُّ أَشَدَّ اجْتِهَادًا فِي أُمُورِ الْآخِرَةِ مَا كَانَ مِنْهُ عِنْدَ نُزُولِهَا. وَقَالَ مُقَاتِلٌ: لَمَّا نَزَلَتْ قَرَأَهَا النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى أَصْحَابِهِ، وَمِنْهُمْ أَبُو بَكْرٍ وَعُمَرُ وَسَعْدُ بْنُ أَبِي وَقَّاصٍ، فَفَرِحُوا وَاسْتَبْشَرُوا، وَبَكَى الْعَبَّاسُ، فَقَالَ لَهُ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: [مَا يُبْكِيكَ يَا عَمُّ؟ [قَالَ: نُعِيَتْ إِلَيْكَ نَفْسُكَ. قَالَ: [إِنَّهُ لَكَمَا تَقُولُ [، فَعَاشَ بَعْدَهَا سِتِّينَ «١» يَوْمًا، مَا رُئِيَ فِيهَا ضَاحِكًا مُسْتَبْشِرًا. وَقِيلَ: نزلت في منى بعد أيام التشريق، حَجَّةِ الْوَدَاعِ، فَبَكَى عُمَرُ وَالْعَبَّاسُ، فَقِيلَ لَهُمَا: إِنَّ هَذَا يَوْمُ فَرَحٍ، فَقَالَا: بَلْ فِيهِ نَعْيُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: [صَدَقْتُمَا، نُعِيَتْ إِلَيَّ نَفْسِي [. وَفِي الْبُخَارِيِّ وَغَيْرِهِ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: كَانَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ يَأْذَنُ لِأَهْلِ بَدْرٍ، وَيَأْذَنُ لِي مَعَهُمْ. قَالَ: فَوَجِدَ «٢» بَعْضُهُمْ مِنْ ذَلِكَ، فَقَالُوا: يَأْذَنُ لِهَذَا الْفَتَى مَعَنَا وَمِنْ أَبْنَائِنَا مَنْ هُوَ مِثْلُهُ! فَقَالَ لَهُمْ عُمَرُ: إِنَّهُ مَنْ قَدْ عَلِمْتُمْ «٣» . قَالَ: فَأَذِنَ لَهُمْ ذَاتَ يَوْمٍ، وَأَذِنَ لِي مَعَهُمْ، فَسَأَلَهُمْ عَنْ هَذِهِ السُّورَةِ إِذا جاءَ نَصْرُ اللَّهِ وَالْفَتْحُ فقالوا: أمر اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ نَبِيَّهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا فَتَحَ عَلَيْهِ أَنْ يَسْتَغْفِرَهُ، وَأَنْ يَتُوبَ إِلَيْهِ. فَقَالَ: مَا تَقُولُ يَا ابْنَ عَبَّاسٍ؟ قُلْتُ: لَيْسَ كَذَلِكَ، وَلَكِنْ أَخْبَرَ اللَّهُ نَبِيَّهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حُضُورَ أَجَلِهِ، فَقَالَ: إِذا جاءَ نَصْرُ اللَّهِ وَالْفَتْحُ، فَذَلِكَ عَلَامَةُ مَوْتِكِ. فَسَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ وَاسْتَغْفِرْهُ إِنَّهُ كانَ تَوَّاباً. فَقَالَ عُمَرُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: تَلُومُونَنِي عَلَيْهِ؟ وَفِي الْبُخَارِيِّ فَقَالَ عُمَرُ: مَا أَعْلَمُ مِنْهَا إِلَّا مَا تَقُولُ. وَرَوَاهُ التِّرْمِذِيُّ، قَالَ: كَانَ عُمَرُ يَسْأَلُنِي مَعَ أَصْحَابِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَقَالَ لَهُ عبد الرحمن ابن عَوْفٍ: أَتَسْأَلُهُ وَلَنَا بَنُونَ مِثْلُهُ؟ فَقَالَ لَهُ عُمَرُ: إِنَّهُ مِنْ حَيْثُ نَعْلَمُ. فَسَأَلَهُ عَنْ هَذِهِ الْآيَةِ: إِذا جاءَ نَصْرُ اللَّهِ وَالْفَتْحُ. فَقُلْتُ: إِنَّمَا هُوَ أَجَلُ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، أَعْلَمَهُ إِيَّاهُ، وَقَرَأَ السُّورَةَ إِلَى آخِرَهَا. فَقَالَ لَهُ عُمَرُ: وَاللَّهِ مَا أَعْلَمُ مِنْهَا إِلَّا مَا تَعْلَمُ. قَالَ: هَذَا
(١). الذي في الطبري والكشاف: (سنتين). (٢). أي غضب. (٣). أي من جهة ذكائه وزيادة معرفته. أو من جهة قرابته مِنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ.

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