Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

assis, jusqu’à ce que la partie haute de sa poitrine soit dégagée.

Sulaymân at-Taymî a dit : c’est-à-dire : « Lève ta main, lorsque tu implores, jusqu’à la hauteur de ta poitrine. »

On a encore dit : « Prie (faṣalli) » signifie : « Adore. »

Muḥammad ibn Kaʿb al-Quraẓî a commenté : « Nous t’avons certes accordé al-Kawthar. Prie donc pour ton Seigneur et sacrifie. » Il veut dire : « Il existe des gens qui prient pour autre qu’Allah et qui immolent pour autre qu’Allah, tandis que Nous t’avons donné al-Kawthar ; que ta prière et ton immolation ne soient donc vouées qu’à Allah. »

Ibn al-ʿArabî dit : « À mon sens, le verset signifie : adore ton Seigneur et sacrifie pour Lui ; que toutes tes œuvres ne soient adressées qu’à Celui qui t’a gratifié d’al-Kawthar. Il conviendrait même que l’ensemble des œuvres soit à la mesure de ce privilège lié à al-Kawthar, ce bien abondant qu’Allah t’a accordé, ou de ce fleuve dont le lit est de musc et dont le nombre de coupes égale les étoiles du ciel. Mettre en balance un tel bienfait avec la seule prière du Jour du Sacrifice et l’immolation d’un bélier, d’une vache ou d’une chamelle paraît bien éloigné d’une juste appréciation, d’une bonne ordonnance et d’une correspondance appropriée entre la récompense et l’acte d’adoration. » Et Allah sait mieux.

Deuxièmement : la question de l’animal de l’-ʿAïd, de ses mérites et du moment où l’on l’égorge a déjà été traitée dans la sourate « As-Ṣâffât »², si bien qu’il n’y a pas lieu d’y revenir. Nous avons également rappelé, dans la sourate « Al-Ḥajj »³, un ensemble de ses dispositions juridiques.

Ibn al-ʿArabî dit encore : « Il est pour le moins étonnant que l’imâm ash-Shâfiʿî ait affirmé que celui qui égorge avant la prière voit son sacrifice validé, alors qu’Allah – Très-Haut – dit dans Son Livre : “Prie donc pour ton Seigneur et sacrifie”, mettant ainsi la prière avant l’immolation. De plus, le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a déclaré (rapporté par al-Bukhârî et d’autres, d’après al-Barâʾ ibn ʿÂzib) : “La première chose que nous faisons en ce jour-ci est de prier, puis nous retournons pour sacrifier ; quiconque agit ainsi a accompli notre rite, et quiconque égorge avant cela n’a offert qu’une viande destinée à sa famille ; cela ne relève en rien du rite.” Ses compagnons l’ont contesté, et la conformité serait, à coup sûr, plus louable. »

Troisièmement : quant au propos rapporté d’ʿAlî – qu’Allah l’agrée – à propos de « Prie donc pour ton Seigneur et sacrifie », selon lequel il s’agit de « poser la main droite sur la gauche durant la prière » (rapporté par ad-Dâraquṭnî), nos savants se sont divisés en trois avis :

  1. On ne place pas la main (droite sur la gauche) ni dans les prières obligatoires ni dans les surérogatoires, car cela relèverait d’un appui interdit dans l’obligatoire et non recommandé dans le surérogatoire.
  2. On ne le fait pas dans l’obligatoire, mais on le fait dans le surérogatoire, à titre d’aide, le lieu s’y prêtant à une dispense.
  3. On le fait aussi bien dans l’obligatoire que dans la surérogatoire ; c’est l’avis correct, car il est établi que le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a posé sa main droite sur la gauche, selon le hadith de Wâʾil.

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¹ Renvoi à la note de l’éditeur.
² Voir le commentaire de la sourate As-Ṣâffât.
³ Voir le commentaire de la sourate Al-Ḥajj.

جَالِسًا حَتَّى يَبْدُوَ نَحْرُهُ. وَقَالَ سُلَيْمَانُ التَّيْمِيُّ: يَعْنِي وَارْفَعْ يَدَكَ بِالدُّعَاءِ إِلَى نَحْرِكَ. وَقِيلَ: فَصَلِّ مَعْنَاهُ: وَاعْبُدْ. وَقَالَ مُحَمَّدُ بْنُ كَعْبٍ الْقُرَظِيُّ: إِنَّا أَعْطَيْناكَ الْكَوْثَرَ. فَصَلِّ لِرَبِّكَ وَانْحَرْ يَقُولُ: إِنَّ نَاسًا يُصَلُّونَ لِغَيْرِ اللَّهِ، وَيَنْحَرُونَ لِغَيْرِ اللَّهِ، وَقَدْ أَعْطَيْنَاكَ الْكَوْثَرَ، فَلَا تَكُنْ صلاتك ولا نحرك إلا لله. قال ابْنُ الْعَرَبِيِّ: وَالَّذِي عِنْدِي أَنَّهُ أَرَادَ: اعْبُدْ رَبَّكَ، وَانْحَرْ لَهُ، فَلَا يَكُنْ عَمَلُكَ إِلَّا لِمَنْ خَصَّكَ بِالْكَوْثَرِ، وَبِالْحَرِيِّ «١» أَنْ يَكُونَ جَمِيعُ الْعَمَلِ يُوَازِي هَذِهِ الْخُصُوصِيَّةَ مِنَ الْكَوْثَرِ، وَهُوَ الْخَيْرُ الْكَثِيرُ، الَّذِي أَعْطَاكَهُ اللَّهُ، أَوِ النَّهَرُ الَّذِي طِينُهُ مِسْكٌ، وَعَدَدُ آنِيَتِهِ نُجُومُ السَّمَاءِ، أَمَّا أَنْ يُوَازِيَ هَذَا صَلَاةَ يَوْمِ النَّحْرِ، وَذَبْحِ كَبْشٍ أَوْ بَقَرَةٍ أَوْ بَدَنَةٍ، فَذَلِكَ يَبْعُدُ فِي التَّقْدِيرِ وَالتَّدْبِيرِ، وَمُوَازَنَةِ الثَّوَابِ لِلْعِبَادَةِ ". وَاللَّهُ أَعْلَمُ. الثَّانِيَةُ- قَدْ مَضَى الْقَوْلُ فِي سُورَةِ" الصَّافَّاتِ " «٢» فِي الْأُضْحِيَّةِ وَفَضْلِهَا، وَوَقْتِ ذَبْحِهَا، فَلَا مَعْنَى لِإِعَادَةِ ذَلِكَ. وَذَكَرْنَا أَيْضًا فِي سُورَةِ" الْحَجِّ" «٣» جُمْلَةً مِنْ أَحْكَامِهَا. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: وَمِنْ عَجِيبِ الْأَمْرِ: أَنَّ الشَّافِعِيَّ قَالَ: إِنَّ مَنْ ضَحَّى قَبْلَ الصَّلَاةِ أَجْزَأَهُ، وَاللَّهُ تَعَالَى يَقُولُ فِي كِتَابِهِ: فَصَلِّ لِرَبِّكَ وَانْحَرْ، فَبَدَأَ بِالصَّلَاةِ قَبْلَ النَّحْرِ، وَقَدْ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ (فِي الْبُخَارِيِّ وَغَيْرِهِ، عَنِ الْبَرَاءِ بْنِ عَازِبٍ، قَالَ) : (أَوَّلُ مَا نَبْدَأُ بِهِ فِي يَوْمِنَا هَذَا: نُصَلِّي، ثُمَّ نَرْجِعُ فَنَنْحَرُ، مَنْ فَعَلَ فَقَدْ أَصَابَ نُسُكَنَا، وَمَنْ ذَبَحَ قَبْلُ، فَإِنَّمَا هُوَ لَحْمٌ قَدَّمَهُ لأهله، ليس من النسك في شي (. وَأَصْحَابُهُ يُنْكِرُونَهُ، وَحَبَّذَا الْمُوَافَقَةُ) . الثَّالِثَةُ- وَأَمَّا مَا رُوِيَ عَنْ عَلِيٍّ عَلَيْهِ السَّلَامُ فَصَلِّ لِرَبِّكَ وَانْحَرْ قَالَ: وَضْعُ الْيَمِينِ عَلَى الشِّمَالِ فِي الصَّلَاةِ (خَرَّجَهُ الدَّارَقُطْنِيُّ) ، فَقَدِ اخْتَلَفَ عُلَمَاؤُنَا فِي ذَلِكَ عَلَى ثَلَاثَةِ أَقْوَالٍ: الْأَوَّلُ: لَا تُوضَعُ فَرِيضَةً وَلَا نَافِلَةً، لِأَنَّ ذَلِكَ مِنْ بَابِ الِاعْتِمَادِ. وَلَا يَجُوزُ فِي الْفَرْضِ، وَلَا يُسْتَحَبُّ فِي النَّفْلِ. الثَّانِي- لَا يَفْعَلُهَا فِي الْفَرِيضَةِ، وَيَفْعَلُهَا فِي النَّافِلَةِ اسْتِعَانَةً، لِأَنَّهُ مَوْضِعُ تَرَخُّصٍ. الثَّالِثُ- يَفْعَلُهَا فِي الْفَرِيضَةِ وَالنَّافِلَةِ. وَهُوَ الصَّحِيحُ، لِأَنَّهُ ثَبَتَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَضَعَ يَدَهُ الْيُمْنَى عَلَى الْيُسْرَى من حديث وائل
(١). في (اللسان: حرى): والحري: الخليق: كقولك: بالحري إن يكون ذلك. وإنه لحري بكذا، وحر: وحرى. (٢). راجع ج ١٥ ص ١٠٧ وما بعدها. (٣). راجع ج ١٢ ص ٤٢ وما بعدها.

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