[Exégèse de la sourate Al-Kawthar]
Tafsîr de la sourate
« Al-Kawthar »
Elle est mecquoise selon Ibn ʿAbbâs, al-Kalbî et Muqâtil, et médinoise d’après al-Ḥasan, ʿIkrima, Mujâhid et Qatâda. Elle compte trois versets.
Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux
Sourate Al-Kawthar (108)
Verset 1
Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux.
- « Nous t’avons certes accordé l’Abondance. »
Il y a à ce sujet deux questions.
Première question – Sa parole — Exalté soit-Il : « Nous t’avons certes accordé al-Kawthar » — telle est la lecture courante : innâ aʿṭaynâka, avec la lettre ʿayn.
Al-Ḥasan et Ṭalḥa b. Muṣarrif ont récité : « anṭaynâka » avec la lettre nûn ; Umm Salama l’a également rapporté du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui —. Il s’agit d’une variante dialectale du verbe donner : anṭaytuhu signifie aʿṭaytuhu, « je le lui ai donné ».
Quant au terme al-Kawthar, il est sur le schème fawʿal dérivé de kathra (l’abondance), tout comme nawfal provient de nafl et jawhar de jahr. Les Arabes qualifient de kawthar toute chose extrêmement abondante en nombre, en valeur ou en importance.
Sufyân a rapporté qu’on demanda à une vieille femme dont le fils revenait de voyage : « Qu’a donc rapporté ton fils ? » Elle répondit : « Bi-kawthar », c’est-à-dire « avec une grande richesse ».
Parmi les hommes, al-kawthar désigne le notable d’un grand bien.
Le poète al-Kumayt a dit :
« Tu es d’un mérite éminent, ô fils de Marwân, homme accompli,
Et ton père, issu des plus nobles, fut un kawthar, source de largesses. »
Al-kawthar peut encore désigner un grand nombre de compagnons et de partisans.
Dans le vocabulaire de la poussière, al-kawthar signifie : abondante ; on dit aussi takawthara lorsque la poussière devient dense. Le poète a dit :
« Le nuage de la mort s’est élevé, jusqu’à se densifier à l’excès. » (1)
Deuxième question —
Les exégètes ont divergé au sujet d’al-Kawthar accordé au Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui —, et ont émis seize opinions :
Première opinion : il s’agit d’un fleuve au Paradis, rapporté par al-Bukhârî d’après Anas — et également par at-Tirmidhî.
(1) Vers poétique soulignant l’ampleur de la poussière soulevée par le combat.