l’ascèse vis-à-vis de ce bas-monde.
Troisièmement : l’ostentation par la parole ; elle consiste à afficher son mécontentement envers les gens de ce monde, à se donner des allures de prédicateur et à paraître peiné de voir manquer le bien et l’obéissance.
Quatrièmement : l’ostentation qui se manifeste en exhibant la prière et l’aumône, ou en embellissant sa prière pour que les gens la voient. Le sujet est long et telle en est la preuve, selon Ibn al-ʿArabî.
Je dis : nous avons déjà traité, dans les sourates « An-Nisâʼ », « Hûd » et à la fin de « Al-Kahf »[1], de la question de l’ostentation, de ses règles et de sa réalité, d’une manière suffisante. Louange à Allah.
Cinquième point – Un homme n’est pas taxé d’ostentation lorsqu’il rend publique une œuvre pieuse obligatoire ; en effet, le droit des obligations est qu’on les proclame et qu’on les rende visibles, conformément à la parole du Prophète — que la prière et le salut soient sur lui : « Il ne doit y avoir aucune obscurité[2] dans les prescriptions d’Allah ». Elles sont les étendards de l’Islam et les emblèmes de la religion ; quiconque les délaisse mérite blâme et réprobation. Il faut donc dissiper tout soupçon en les manifestant. S’il s’agit d’un acte surérogatoire, il convient de le dissimuler, puisqu’on n’est pas blâmé de l’avoir omis et qu’il n’y a là aucun soupçon ; mais, s’il le rend public dans l’intention d’être imité, la chose est louable. L’ostentation survient seulement quand on veut, par cette publicité, que les regards se portent sur soi afin qu’on vous loue pour votre piété.
L’un des pieux prédécesseurs vit un homme dans la mosquée qui prolongeait une prosternation de gratitude ; il lui dit : « Comme cela serait beau si c’était chez toi ! » Il dit cela parce qu’il avait perçu chez lui ostentation et recherche de renommée. Ce sens a déjà été évoqué dans la sourate « Al-Baqarah »[3], au verset : « Si vous rendez publiques les aumônes… » (2 : 271), ainsi qu’en d’autres passages. Louange à Allah pour cela.
Sixième point – La parole du Très-Haut : « … et ils refusent l’al-mâʿûn ». À ce sujet, douze opinions ont été rapportées.
Premièrement : il s’agit de la zakât de leurs biens, ainsi que l’a rapporté Ad-Dahhâk d’après Ibn ʿAbbâs ; un propos semblable est attribué à ʿAlî — qu’Allah l’agrée — et c’est également l’avis de Mâlik. On vise par là le hypocrite qui la retient. Abû Bakr ibn ʿAbd al-ʿAzîz a rapporté de Mâlik qu’il a dit : « Il m’est parvenu que la parole d’Allah, exalté soit-Il : « Malheur donc à ceux qui prient, qui sont insouciants à l’égard de leur prière, qui cherchent à paraître et qui refusent l’al-mâʿûn » signifie que l’hypocrite, lorsqu’il prie, le fait par ostentation ; si la prière lui échappe, il ne s’en afflige point, et refuser l’al-mâʿûn, c’est retenir la zakât qu’Allah lui a imposée. »
Zayd ibn Aslam a dit : « Si la prière, pour eux, avait pu être dissimulée comme l’est la zakât, ils ne l’auraient pas accomplie. »
Deuxième avis : l’al-mâʿûn désigne la richesse, dans la langue…[4]