Exégèse de la sourate « al-Mâʿûn »
Elle est mecquoise selon ʿAtâʾ, Jâbir et l’un des deux avis rapportés d’Ibn ʿAbbâs ; et médinoise selon son autre avis, opinion également adoptée par Qatâdah et d’autres. Elle compte sept versets.
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
(Sourate al-Mâʿûn, 107 : versets 1 à 7)
- As-tu vu celui qui traite de mensonge la Religion ?
- C’est lui qui repousse brutalement l’orphelin,
- et qui n’incite point à nourrir le nécessiteux.
- Malheur donc à ceux qui prient,
- ceux qui sont insouciants de leur prière,
- ceux qui ne font que se montrer aux gens,
- et qui refusent le prêt d’usage.
Cette sourate comporte six questions :
Première question
Parole d’Allah — Très-Haut : « As-tu vu celui qui dément la Religion ? » c’est-à-dire la rétribution et le compte dans l’Au-delà, ainsi qu’il a déjà été mentionné dans « al-Fâtiḥah ».
On lit ʾaraʾayta en conservant la seconde hamza, car on ne dit pas, pour ʾaraʾayta : rayta ; mais l’alif de l’interrogation a rendu la hamza aisée, la transformant en alif, comme l’a signalé az-Zajjâj.
Le propos renferme une ellipse ; le sens est : « As-tu vu celui qui dément la Religion ? Est-il dans le vrai ou dans l’erreur ? »
Les exégètes divergent au sujet de la personne visée :
– Abû Ṣâliḥ rapporte d’Ibn ʿAbbâs qu’elle fut révélée au sujet de al-ʿÂṣ ibn Wâʾil as-Sahmî ; tel est aussi l’avis de al-Kalbî et de Muqâtil.
– Al-Ḍaḥḥâk rapporte de lui qu’elle concerne un homme parmi les hypocrites.
– As-Suddi dit qu’elle concerne al-Walîd ibn al-Mughîrah ; d’autres disent : Abû Jahl.
– Selon al-Ḍaḥḥâk encore : ʿAmr ibn ʿÂʾidh.
– Ibn Jurayj affirme qu’elle fut révélée au sujet d’Abû Sufyân ; celui-ci immolait chaque semaine un chameau, et quand un orphelin lui demanda quelque chose, il le frappa de son bâton ; Allah fit alors descendre cette sourate.
« Il repousse » signifie : il écarte, comme dans Sa parole : « Ils seront repoussés vers le Feu de l’Enfer d’un violent repoussement » (aṭ-Ṭûr, 52 : 13).
Et